[EN DIRECT] 06 75 72 33 32, Live a message, l’exposition anniversaire des Audi Talents Awards

[EN DIRECT] 06 75 72 33 32, Live a message, l’exposition anniversaire des Audi Talents Awards

Depuis 10 ans les Audi Talents Awards soutiennent la création contemporaine – musique, design, courts métrages et art contemporain – sous la forme d’un Prix qui offre aux créateurs la possibilité de réaliser leur projet.

Une aventure qui compte déjà 40 artistes soutenus et qui célèbre cette année ses 10 ans avec une exposition au titre évocateur 06 75 72 33 32, Live a message.

« Un numéro de téléphone comme une bouteille à la mer dont chacun peut s’emparer. »

Un événement qui condense tout l’esprit d’ouverture des Audi Talents Awards, et qui caractérise cette implication propre aux mécènes de donner aux artistes les moyens de créer afin qu’ils nous apportent un éclairage sur notre époque.

« Notre volonté commune était de laisser partir l’exposition à l’aventure. »

Plutôt que d’organiser une « événement rétrospectif » avec des pièces déjà exposées, les 4 commissaires de l’exposition, Carole Scotta, Vincent Carry, René-Jacques Mayer et Gaël Charbau avec la complicité de Sacha Farkas en charge des programmes Audi Talents Awards et de leur directeur Marc Meurer, ont fait le choix de faire appel à 10 artistes sur l’ensemble de ceux déjà sélectionnés afin de mettre en place un workshop. L’ambition est de créer sur la thématique « Souvenirs de la vie sur terre au début du XXIe siècle » et autour de mots clefs tels que « mémoire », « trace », « empreinte », une émulation, de faire émerger des idées et que s’élaborent des restitutions dont la forme pourrait être aussi bien une œuvre plastique, qu’un texte ou un poème.

Pour les commissaires, la volonté n’est pas tant que soient produites des pièces abouties mais, pari toujours risqué, que cet échange continu dégage des pistes de réflexion en regard sur notre monde, avec cette nécessité « d’offrir plutôt une vision de ce qu’est la création actuelle, de ce qu’elle a nous dire ». Comme le souligne le numéro de téléphone, c’est bien la communication, entre les artistes, entre artistes et commissaires et avec le public qui est au centre de ce projet. Une communication constructive, appuyée par des visions personnelles, qui viennent échafauder, en prenant en considération notre mémoire, l’impact de notre présence sur terre, nos envies communes, de bâtir ensemble un futur. Ainsi la galerie Audi Talents est devenue une matrice féconde où les pièces exposées expriment les « traces d’un univers » car les pièces présentées sont nées ou sont les manifestations ou « empreintes » de ces échanges.

Certains artistes ont travaillé seuls, d’autres de manière collaborative, beaucoup ont élaboré des œuvres hors de leur champ de travail habituel. C’est le cas de Jérôme Dumetz qui est designer mais qui a choisi de se confronter aux idées qui ont été échangées et de concevoir une « œuvre évolutive ». Il a pour cela fait venir de son atelier de Marseille son bureau en l’état, et imaginé un espace de travail en relation avec les éléments naturels sachant que toutes nos créations ou productions ont un impact sur notre milieu, y laissent une marque, visible ou invisible. Son installation La mémoire de l’eau exprime cet « écoulement de la vie » et notre relation au temps, à la nature. Il est une « nature morte contemporaine ».

Une trace qu’Arnaud Lapierre met en scène dans son œuvre Capillarity par les chutes de gouttes d’eau teintées au bleu de méthylène sur une pierre qui se gorge d’eau tout au long de l’exposition. En référence au monolithe de 2001 l’Odyssée de l’espace, Constance Guisset a produit une série inédite « d’objets de demain » en lave d’Auvergne. Loin des angles saillants du monolithe du film de Kubrick, la designer a travaillé des formes accueillantes, rappelant le foyer archaïque autour duquel il est possible de se réunir. Un ensemble doux au touché, « sensuel » même avec une boule en verre soufflé à la canne par un maître verrier. Grégory Hervelin présente Extraction un dispositif développé en collaboration avec Franck Fontana, que l’on porte sur les épaules et qui permet de se voir évoluer dans l’espace avec un autre point de vue que son propre regard. Il rend possible l’idée de  « créer une mémoire au présent de nos propres déplacements ».

Wilfrid Almendra qui travaille sur l’architecture moderniste en proposant des modules qui en sont des concentrés, a fait le choix de proposer « une grande machinerie à la fois réelle et imaginaire » dotée d’une grande antenne ayant pour fonction de parasiter illégalement la fréquence FM des automobilistes qui passeraient à proximité de la galerie pour diffuser des enregistrements révolutionnaires ou poétiques. En transition entre son et image, on trouve la pièce de Thomas Karagiannis, compositeur et vidéaste. Niel Beloufa présente lui un projet démarré en 2015. Le film projeté sur un mur s’inscrit en perspective de plusieurs sculptures qui, à certains moments de la vidéo coïncident dans les formes. En point final, l’installation des designers Alexandre Echasseriau et Franck Fontana assistés d’Arnaud Astruc et Benjamin Fournier-Bidoz pour le design sonore, ont élaboré une structure en bois en forme de fréquence hertzienne avec au centre un standard téléphonique de 25 prises permettant d’écouter les messages laissés sur le répondeur du 06 75 72 33 32 par des inconnus. Une structure qui rend visible le réseau complexe de câblages et qui rend ainsi très prégnante l’idée qu’elle nous « raccroche au monde » !

Texte Point contemporain © 2017

 

 

Infos pratiques
06 75 72 33 32, Live a message
Exposition anniversaire 10 ans Audi talents awards
Du 12 avril au 28 mai 2017
Galerie Audi talents
23 rue du Roi-de-Sicile, 75004 Paris

Ouverte du mercredi au dimanche,
de 11 heures à 19 heures
Nocturne le jeudi jusqu’à 22 heures

01 76 54 16 23

www.auditalentsawards.fr

Visuel de présentation : 06 75 72 33 32, 2017. Panneaux de bois laqués noir, 25 prises jack. Une alcôve pour écouter et entendre le monde. Des témoignages, des sons laissés sur un répondeur éphémère livrent des sentiments (ou perceptions) sur notre époque. Diffusés grâce à une série de connecteurs, les messages, les bruits se diffusent puis disparaissent. A chaque branchement un contact fortuit et intime, un point de vue sur un paysage sonore fugace et en mouvement, se déclenche.

Conception et design : Alexandre Echasseriau et Franck Fontana
Design sonore : Arnaud Astruc et Benjamin Fournier-Bidoz

 

Jérôme Dumetz, la mémoire de l’eau, 2017. Paysage sur papier, bâche, eau, bureau personnel.
Jérôme Dumetz, La mémoire de l’eau, 2017. Paysage sur papier, bâche, eau, bureau personnel.

 

Neil Beloufa, Data for Desire, Vidéo : 2015. Installation : 2017. Techniques : Acier, fer à béton, résine epoxy, moustiquaire, projecteur (Court. Galerie Balice & Hertling, Paris)
Neil Beloufa, Data for Desire, Vidéo : 2015.
Installation : 2017. Techniques : Acier, fer à béton, résine epoxy, moustiquaire, projecteur
(Court. Galerie Balice & Hertling, Paris)

 

Wilfrid Almendra, Sans Titre, 2017. Bois, plâtre, cuivre, acier, verre, câbles. (Court. Galerie Bugada & Cargnel, Paris)
Wilfrid Almendra, Sans Titre, 2017. Bois, plâtre, cuivre, acier, verre, câbles.
(Court. Galerie Bugada & Cargnel, Paris)

 

Constance Guisset, Monolithe, 2017.
Constance Guisset, Monolithe, 2017.

 

Arnaud Lapierre, Capillarity, 2017. Pierre de Saint-Maximin, eau, bleu de méthylène
Arnaud Lapierre, Capillarity, 2017. Pierre de Saint-Maximin, eau, bleu de méthylène

 

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