[EN DIRECT] À l’équilibre – Marion Bénard, Cécile Chaput, Romain Métivier – École et Espace d’art contemporain Camille Lambert

[EN DIRECT] À l’équilibre – Marion Bénard, Cécile Chaput, Romain Métivier – École et Espace d’art contemporain Camille Lambert

La programmation de l’espace d’art contemporain Camille Lambert débute avec une exposition qui réunit trois démarches plastiques autour de la notion d’équilibre. Les œuvres de Marion Bénard, Cécile Chaput et de Romain Métivier touchent les notions d’instabilité, d’écart, de mises en relation et en tension. Dans l’espace du centre d’art, des liens naissent entre ces trois univers.

Marion Bénard travaille aussi bien le dessin, la sculpture que la peinture. À partir du dessin, elle construit des installations, des situations où du quotidien tout peut basculer vers l’étrange. Dans ses travaux, les hommes, les animaux, les objets ont le même statut, tous des personnages qui dialoguent ensemble. Ses œuvres sont aussi bien ludiques qu’elles incarnent une certaine fragilité. Au mur, Roll on Roll off combine une peinture de paysage, possible papier peint sur lequel sont intégrés, comme pris à travers son déroulement, des dessins et du mobilier d’une chambre d’enfant. Dans une seconde salle, Vertige, une sorte de conversation, de liens entre des êtres, dans une extrême tension, produit un sentiment d’inquiétude. Marion Bénard crée de possibles récits, entre humour et cruauté.

 

Marion Bénard, Vertige 2016. 2 tabourets, 4 pieds en plâtre polyester recouvert de peinture vinylique, aquarelle sur papier, 86 x 330 x 28 cm. Photo : Laurent Ardhuin
Marion Bénard, Vertige 2016. 2 tabourets, 4 pieds en plâtre polyester recouvert de peinture vinylique, aquarelle sur papier, 86 x 330 x 28 cm. Photo : Laurent Ardhuin

 

Les œuvres de Romain Métivier se découvrent aussi comme des énigmes. Assemblés, les matériaux, corde, résine, paille, forment des propositions sculpturales ouvertes. Entre sculptures et installations, ces œuvres sont des instants en suspens. Celles-ci incitent le spectateur à imaginer leur passé et leur devenir. Un événement se serait-il produit ? Dans l’espace d’exposition, ses compositions sont comme en attente d’un nouveau geste, d’une activation. Ses œuvres pourraient donner lieu à des constructions, se poursuivre autrement, se ramifier. Elles induisent de potentielles mises en mouvement. Romain Métivier convoque les nombreux liens qui peuvent naître entre des matériaux de construction. Ses pièces semblent être également modulables et réagir selon les lieux.

 

Au premier plan : Romain Métivier Sans titre (jaune/beige) - 2016. Résine acrylique, paille, corde Dimensions variables. Au deuxième plan : Marion Bénard, Pressing, 2012. 2 chaises en hêtre, chemise, plastique 90 x 60 x 150 cm et Roll on Roll off 2, 2015. Acrylique et mine de plomb sur papier, mobilier peint en vert d’incrustation, aquarelles sur papier Dimensions variables. Photo : Laurent Ardhuin
Au premier plan : Romain Métivier Sans titre (jaune/beige) – 2016. Résine acrylique, paille, corde Dimensions variables. Au deuxième plan : Marion Bénard, Pressing, 2012. 2 chaises en hêtre, chemise, plastique 90 x 60 x 150 cm et Roll on Roll off 2, 2015. Acrylique et mine de plomb sur papier, mobilier peint en vert d’incrustation, aquarelles sur papier. Dimensions variables. Photo : Laurent Ardhuin

 

L’installation The Slant Point de Cécile Chaput se découvre comme une proposition entre deux médiums, sculpture et installation. Utilisant des matériaux de l’ordre de la décoration, toiles cirées et papiers peints démodés et graphiques ainsi que du mobilier récupéré dans les boutiques emmaüs qu’elle découpe et déconstruit, elle convoque l’image d’une époque, les années 60-70, celle de la femme au foyer qui prend plaisir à cuisiner. Souvent en coin, ses installations font écho à une mode de la décoration d’intérieur. Décomposés, ré-assemblés, les objets ici mis en espace acquièrent aussi une nouvelle renaissance. Leur fonction disparaît au profit de leur structure, de leur forme et de leurs couleurs. Ils deviennent des excroissances du murs et se déploient dans l’espace. Ne reste alors que le souvenir d’une pièce de maison ancienne. Au travers de ce travail sculptural, Cécile Chaput incite le spectateur à revivre des moments. Son travail convoque la mémoire collective de toute une génération.

Ainsi, dans cette exposition, les œuvres font écho à l’espace domestique, à des états de construction et à des scènes de vie possibles. En équilibre, elles incarnent un espace-temps, entre le mouvement et l’arrêt, une instabilité qui conduit à de multiples histoires. Le centre d’art devient le théâtre de potentiels événements, entre le réel et le rêve.

Pauline Lisowski

 

Cécile Chaput, The slant point, 2016. Installation Dimensions variables. Photo : Laurent Ardhuin
Cécile Chaput, The slant point, 2016. Installation Dimensions variables. Photo : Laurent Ardhuin

 

Pour en savoir plus sur l’exposition :
[AGENDA] À l’équilibre – Marion Bénard, Cécile Chaput, Romain Métivier – École et Espace d’art contemporain Camille Lambert – Juvisy-sur-Orge

Pour en savoir plus sur les artistes :

Marion Bénard

Cécile Chaput

Romain Métivier

 

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