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Revue d'art contemporain

[EN DIRECT] Éblouissement, une exposition conçue comme un champ d’expériences, Centre d’art contemporain Albert Chanot Clamart

[EN DIRECT] Éblouissement, une exposition conçue comme un champ d’expériences,  Centre d’art contemporain Albert Chanot Clamart

L’éblouissement touche le sens de la vue et modifie notre perception de l’espace. Vivre cette expérience convie à un changement d’état pour se sentir ailleurs. Ce phénomène suscite des sensations extrêmes, de l’émerveillement au choc visuel jusqu’à la perte de repères. Depuis les années 1960, avec le mouvement de l’art cinétique, les artistes ont utilisé la lumière comme médium pour rendre le spectateur actif. De nos jours, certains artistes continuent de s’inspirer de ce courant et créent des œuvres praticables, des environnements à parcourir, qui sollicitent tous les sens.

L’exposition proposée au Centre d’Art Contemporain Chanot réunit des artistes d’univers différents pour explorer le phénomène de l’éblouissement. Les œuvres invitent le spectateur à éprouver de fortes sensations ou à contempler des situations propices à voyager. Par la lumière, certaines recréent des espaces. D’autres provoquent des moments de vertiges pour celui qui prend le temps de s’y prendre au jeu.

Dès l’entrée, plongée dans l’obscurité, l’installation du duo d’artistes None Futbol Club, trouble le spectateur par l’énergie et la vibration du mouvement de diverses sources lumineuses. Un ensemble de bulles de verre teintées de bleu clignotantes suggère un moment festif, une atmosphère qui nous conduit un moment, ailleurs, nous faisant perdre nos repères. Le visiteur se retrouve déjà bouleversé, mis en condition pour recevoir les autres expériences proposées. Il peut reposer ensuite son regard face aux photographies de Dominique Blais.

Dans sa série Ten hours stories, cet artiste a cherché à capter la lumière emblématique de la Californie. Durant une résidence, il a arpenté Los Angeles pour suivre le soleil, de son lever à l’est à son coucher à l’ouest. Ses photographies témoignent de ce phénomène et renvoient à l’immensité de cette ville. The Edge d’Iván Navarro, une sculpture électrique donne l’illusion de pouvoir plonger dans un espace infini.

Le long mur du fond est ponctué de sources lumineuses qui composent une sorte de tableau. Véronique Joumard utilise la lumière pour redessiner l’espace. Traversant cet espace étroit, le visiteur est pris, durant un cours moment, par cette intensité lumineuse.

 

 

 

L’œuvre de Jean-Baptiste Caron, spécifiquement conçue pour l’exposition, constitue elle une sorte de repos visuel. Un miroir reflète certaines pièces de l’exposition et attire le spectateur, l’incite à souffler sur sa surface pour y révéler les mots qui s’y cachent. Or, il peut passer à côté tant il fut déjà pris par les fortes sensations produites par les œuvres.

Dans la deuxième salle, Nathalie Brevet et Hughes Rochette ont composé un environnement qui conduit le spectateur dans les limites de ce qui est perceptible. Ce duo d’artistes utilise des éléments, récupérés dans l’espace urbain, pour concevoir des espaces qui modifient tout en révélant les particularités du lieu d’exposition. Les proportions de cette grande galerie les a incités à imaginer une sorte de couloir, un passage qui attire la curiosité. À travers les fissures de palissades, une percée de lumière intrigue. D’où provient-elle ? Que cachent ces clôtures de bois ? Cette installation invite le visiteur à les contourner pour découvrir ces sources lumineuses. Or, après avoir comblé son désir, il se retrouve pris par ce trop plein de lumière face à laquelle il tente de résister. Les artistes touchent ici à notre envie d’aller toujours au-delà des frontières et des espaces en transition. Ils incitent le spectateur à s’inventer un possible récit.

Ainsi, cette exposition se découvre comme un environnement hors du temps où vivre des sensations fortes. Elle provoque à la fois l’envie de rester, de chercher à maîtriser l’intensité lumineuse provoquée par les œuvres et l’incapacité de résister à leur puissance. Ce projet interroge aussi les conditions de réception de l’œuvre. Celle-ci touche physiquement le spectateur et gardée en mémoire, elle ouvre vers un espace infini.

Pauline Lisowski

Jean Baptiste Caron Inspice 2016 185 x 130 cm Miroir, traitement anti-buée Courtesy l’artiste et galerie 22,48 m2, Paris ©Nicolas Giraud - CACC
Jean Baptiste Caron
Inspice 2016
185 x 130 cm Miroir, traitement anti-buée
Courtesy l’artiste et galerie 22,48 m2, Paris
©Nicolas Giraud – CACC

 

 

Pour en savoir plus sur l’exposition :
[AGENDA] 17.09-20.11 – Éblouissement – Centre d’Art Contemporain Albert Chanot – Clamart

Pour en savoir plus sur le lieu :
Centre d’Art Contemporain Albert Chanot

Pour en savoir plus sur les artistes :
Dominique Blais, Nathalie Brevet_Hughes Rochette, Jean-Baptiste Caron, Véronique Joumard, Ivan Navarro, Nøne Futbol Club.

 

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