[EN DIRECT] Le grand orchestre des animaux : une promenade sonore à la rencontre des animaux – Fondation Cartier pour l’art contemporain

[EN DIRECT] Le grand orchestre des animaux : une promenade sonore à la rencontre des animaux – Fondation Cartier pour l’art contemporain

Le grand orchestre des animaux : une promenade sonore à la rencontre des animaux par Pauline Lisowski.

Après les nombreuses expositions consacrées à la nature dans le cadre de la Cop21, l’exposition de la Fondation Cartier pour l’art contemporain « Le Grand Orchestre des Animaux » se concentre sur le monde animal. Elle l’aborde par l’écoute de paysages où semble persister une nature encore sauvage. Elle prend appui sur les recherches et travaux du musicien et bio acousticien américain Bernie Krause. Celui-ci a collecté pas loin de 5000 heures d’enregistrements sonores de milieux naturels sauvages, terrestres et marins, occupés par près de 15 000 espèces. Il a ainsi ouvert de nouvelles perspectives pour rendre compte de la richesse des sons produits par les animaux. Leur langage se révèle être une musique mystérieuse.

Le Grand Orchestre des Animaux - Fondation Cartier pour l'art contemporain. Photo : Luc Boegly
Le Grand Orchestre des Animaux – Fondation Cartier pour l’art contemporain. Photo : Luc Boegly

Dans les espaces de la Fondation Cartier, plusieurs expériences visuelles et sonores sont proposées aux visiteurs. L’exposition regroupe des œuvres d’une quinzaine d’artistes de nationalités différentes, qui apportent chacune une vision singulière de l’animal en son milieu. Le choix de ce site, entouré d’un jardin, réserve de biodiversité animale et végétale, suscite déjà une certaine relation harmonieuse avec la nature. Le duo d’architectes Gabriela Carrillo et Mauricio Mocha se sont inspirés de ses espaces transparents pour concevoir leur scénographie à partir de briques en terre cuite. Le visiteur est alors convié à se promener comme dans un paysage et à s’arrêter pour prendre le temps d’écouter l’orchestre symphonique des animaux. Au rez-de chaussée, les deux salles regroupent chacune des œuvres qui renvoient à des territoires éloignés, à des pays et milieux naturels où la nature sauvage fait rêver. L’une d’elles accueille un dessin de 18 mètres de long de Cai Guo-Qiang, spécialement conçu pour l’exposition. Cette œuvre présente un paysage d’animaux sauvages et fait écho aux peintures pariétales. Derrière cet espace contemplatif, le visiteur découvre les photographies de Manabu Miyazaki. L’artiste japonais a conçu des « pièges photographiques » pour capter les oiseaux la nuit. Dans la seconde, un ensemble de peintures, des paysages peuplés d’étranges animaux, aux couleurs chatoyantes, disposées sur plusieurs niveaux, offrent des scènes mystérieuses qui invitent à la rêverie. Les oiseaux de paradis filmés par les chercheurs du Cornell Lab of Ornithology ravissent la curiosité du spectateur. De nombreux territoires sont ici représentés et renvoient à la diversité des contrées explorées par Bernie Krause.

Dans les espaces du niveau inférieur, l’accent est mis sur la recherche et les expériences de scientifiques. Les artistes furent conviés à y donner des représentations et à révéler l’invisible. Le collectif anglais United Visual Artists (UVA) a conçu un dispositif pour révéler les territoires sonores enregistrés par Bernie Krause. Sur les murs de la grande salle, le spectateur voit défiler des lignes qui traduisent les fréquences. Ces sonogrammes traduisent une traversée de milieux parcourus. Cette œuvre offre l’occasion de saisir la richesse des sons produits par les animaux. Puis dans la seconde salle le visiteur peut contempler des formes de vie étonnantes, les planctons. L’installation Plancton, aux origines du vivant relève d’une collaboration entre un biologiste Christian Sardet, un artiste Shiro Takatani et un compositeur Ryuichi Sakamoto. Leur dispositif associant photographies et vidéos invite à prendre le temps de contempler la magie de ces êtres vivants.

Dans le jardin, Le tombeau de Zgougou, une œuvre d’Agnès Varda issue de la collection de la Fondation Cartier, rend compte, elle, de la relation de l’homme à l’animal de compagnie.

Ainsi, dans chaque espace, le visiteur peut vivre des expériences esthétiques où interagissent différemment les sens de l’ouïe et de la vue. À l’étage supérieur, l’ambiance sonore s’ajoute à l’ensemble des œuvres exposées, ce qui relie des contrées lointaines, tandis qu’à l’étage inférieur, les installations où sont reliés son et images, provoquent une immersion dans des paysages.

Cette exposition amène ainsi le spectateur à percevoir la multiplicité et la beauté des langues des animaux sauvages. Mêlant à la fois le regard scientifique et des propositions artistiques, elle engage des réflexions sur l’avenir de la place de l’animal et sur la connaissance des écosystèmes. De plus, par l’approche sonore, elle ouvre des perspectives de pensées sur la relation de l’homme à son environnement. Le visiteur prend ici plaisir à voyager à travers de nombreux territoires éloignés et à percevoir la biodiversité animale. L’expérience se poursuit grâce à un site dédié à l’exposition, dans lequel sont réunis un vaste ensemble d’enregistrements.

 

Cai Guo-Qiang, White Tone, 2016 © Cai Guo-Qiang Vue de l'exposition Le Grand Orchestre des Animaux. © Lumento
Cai Guo-Qiang, White Tone, 2016 © Cai Guo-Qiang
Vue de l’exposition Le Grand Orchestre des Animaux. © Lumento

 

Vue de l'exposition Le Grand Orchestre des Animaux Photo : Luc Boegly.
Vue de l’exposition Le Grand Orchestre des Animaux. Photo : Luc Boegly.

 

Vue de l'exposition Le Grand Orchestre des Animaux. © Lumento
Vue de l’exposition Le Grand Orchestre des Animaux. © Lumento

 

Christian Sardet et Les Macronautes, Méduse Oceania armata, 2012. © Christian Sardet et Les Macronautes / Chroniques du Plancton
Christian Sardet et Les Macronautes, Méduse Oceania armata, 2012. © Christian Sardet et Les Macronautes / Chroniques du Plancton

 

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