[EN DIRECT] Regina Bogat, The phoenix and the mountain (1980) and new paintings (2013-2015), Galerie Zürcher Paris

[EN DIRECT] Regina Bogat, The phoenix and the mountain (1980) and new paintings (2013-2015), Galerie Zürcher Paris

La qualité de « femme peintre » lorsqu’elle se heurte aux esprits exigus peut pousser dans l’ombre de grands talents. Regina Bogat, peintre américaine née en 1928 à Brooklyn (NY) fait partie de ces talents découverts tardivement alors même qu’ils étaient au coeur du milieu artistique. Effectivement c’est dans l’ombre de son époux, Alfred Jensen et de ses ami(e)s Mark Rothko et Eva Hesse que Regina Bogat construit son œuvre.
Très inspirée par ses différents voyages, elle se place en observatrice du monde, un monde qu’elle nous transmet à travers le prisme d’un imaginaire abstrait et d’une projection subjective.
L’exposition de la galerie Zürcher à Paris, propose pour la première fois une sorte de rétrospective réunissant deux séries d’oeuvres retraçant la vision et les voyages marquant la vie de l’artiste.

La première série The Phoenix and The Mountain représente un ensemble de montagnes très schématiques et colorées où se mêlent cordes peintes et baguettes de bois ornées. Cette série date de 1980 et renvoie à un voyage de l’artiste et de son mari au cœur des paysages du Pérou. La culture hispanique imprègne l’oeuvre de Regina Bogat comme en témoigne l’usage des motifs et des couleurs inspirées des tissus péruviens. On retrouve cette influence au sein de la palette mais aussi des thèmes abordés, projetant le spectateur aux cœurs d’une démarche artistique itinérante dans laquelle l’artiste traduit par l’abstraction le sentiment salutaire de fouler d’autres terres.

 

Study for the Phoenix and the Mountain #1, 1980, acrylic on canvas, 16 x 12 in. Courtesy Galerie Zürcher Paris.
Study for the Phoenix and the Mountain #1, 1980, acrylic on canvas, 16 x 12 in. Courtesy Galerie Zürcher Paris.

 

La symbolique de la montagne comme lieu de pèlerinage et d’introspection fait également écho à l’intérêt de l’artiste pour le taoïsme et du premier bouddhisme tibétain. Dans Phoenix and The Mountain #4, l’artiste utilise un bleu très intense sur lequel se détachent des couleurs vives et joyeuses illustrant un paysage harmonieux et témoignant d’une puissante nature. Au regard de Phoenix and The Mountain #11, Regina Bogat représente la montagne à terre rouge avec laquelle contraste le fond blanc rappelant l’épaisseur nuageuse et la chape duveteuse du ciel qui couvre l’horizon. Regina Bogat d’origine et de nationalité américaine et construit son œuvre à l’image de son pays, rassemblant les influences et les caractères de cultures différentes

Une seconde série est présentée par la galerie Zürcher. Cette fois-ci, il s’agit d’une série beaucoup plus récente de 2014-2015. La série des Palmyra fait échos à l’actualité tragique et au danger auquel est soumis le patrimoine culturel mondial du fait des conflits politiques. Mais surtout la série des Palmyra illustre une évolution structurelle et picturale de l’artiste. Dorénavant on ne devine plus certains motifs et la palette est nettement réduite. A la vue de Palmyra IV et Palmyra V  l’artiste joue avec le contraste de la peinture noire et des couleurs éclatantes qu’elle superpose à l’aide d’un collage sur carton projetant le souvenir oculaire et émotionnels des reflets sur les ruines de Palmyre en Syrie. Hommage à la Venise du Désert, l’artiste use de l’abstrait pour plonger le spectateur au cœur d’une nuit aride pour admirer le soleil brulant percer le ciel d’un noir infini. Quelques lignes dessinées sur carton rappelle l’architecture évoquée, comme dans l’oeuvre Bulgar, on observe alors la force d’un noir lumineux sur lequel se détache le contour de forme architecturale  mystérieuse au cœur d’un ensemble désertique et hostile représenté par le simple traçage de fines lignes.

Constatant la richesse et la diversité de son œuvre, l’artiste est l’une des rares à démontrer sa capacité à se renouveler dans son travail artistique faisant d’elle une grande artiste qu’il ne faut définitivement pas rater.

Lorraine Pipart

 

Vue de l'exposition The phoenix and the mountain (1980) and new paintings (2013-2015) de Régina Bogat. Courtesy Galerie Zürcher Paris
Vue de l’exposition The phoenix and the mountain (1980) and new paintings (2013-2015) de Regina Bogat. Courtesy Galerie Zürcher Paris
Vue de l'exposition The phoenix and the mountain (1980) and new paintings (2013-2015) de Régina Bogat. Courtesy Galerie Zürcher Paris
Vue de l’exposition The phoenix and the mountain (1980) and new paintings (2013-2015) de Regina Bogat. Courtesy Galerie Zürcher Paris
Vue de l'exposition The phoenix and the mountain (1980) and new paintings (2013-2015) de Régina Bogat. Courtesy Galerie Zürcher Paris
Vue de l’exposition The phoenix and the mountain (1980) and new paintings (2013-2015) de Regina Bogat. Courtesy Galerie Zürcher Paris
Vue de l'exposition The phoenix and the mountain (1980) and new paintings (2013-2015) de Régina Bogat. Courtesy Galerie Zürcher Paris
Vue de l’exposition The phoenix and the mountain (1980) and new paintings (2013-2015) de Regina Bogat. Courtesy Galerie Zürcher Paris

 

Pour en savoir plus sur la galerie :
Galerie Zürcher

Pour en savoir plus sur l’artiste :
Regina Bogat

Pour en savoir plus sur l’exposition :
[AGENDA] 26.10→23.12 – REGINA BOGAT – the phoenix and the mountain (1980) and new paintings (2013-2015) – Galerie Zürcher Paris

 

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