[EN DIRECT] Revenir là où tout est résolu, Isabelle Ferreira, exposition personnelle Galerie Maubert Paris

[EN DIRECT] Revenir là où tout est résolu, Isabelle Ferreira, exposition personnelle Galerie Maubert Paris

À l’occasion de sa première exposition personnelle à la galerie Maubert, Isabelle Ferreira présente Revenir là où tout est résolu, une exposition dont le commissariat a été assuré par Marie Cantos, et qui nous propose, dans un accrochage d’une rare générosité, une relecture du travail de l’artiste. 

Entre paysage urbain, paysage naturel et paysage métaphysique, l’exposition se construit autour d’éléments et de formes que l’on retrouvait déjà dans l’œuvre de l’artiste quelques années en arrière. D’ailleurs, à ce sujet, et de façon très poétique, le titre de l’exposition nous l’explique très bien. Revenir là où tout est résolu. Comme une envie de reconstruire sur ce que l’artiste aurait déjà fait (ou défait). Comme une envie de revenir là où tout a été résolu.

L’artiste emprunte au vocabulaire de la sculpture ses notions de gestualité et de construction pour nous parler de peinture. Ne se contentant pas de représenter l’environnement qui l’entoure, Isabelle Ferreira intervient directement dans et sur cet environnement dans lequel peinture, prélèvement, agencement (et/ou ré-agencement), construction et déconstruction deviennent une matière avec laquelle il est permis à l’artiste de travailler. Aussi, deux œuvres semblent parfaitement illustrer cette idée : Substraction (Enxame I/II/III) (une série d’œuvres réalisées en 2017), ainsi que Sans Titre (une œuvre datant, elle, de 2015). La première, visible dès l’entrée dans la galerie, consiste en un ensemble de trois peintures réalisées à l’acrylique sur des plaques de bois dans lesquelles le bois est laissé naturel et où la peinture, qui varie de l’argenté au doré, vient partiellement recouvrir le support. Peints, les supports sont ensuite martelés de multiples coups à l’aide d’un marteau arrache-clous. Aussi, bien qu’il soit abstrait, un paysage se dessine et apparaît à l’œil du regardeur. 

La seconde œuvre devant laquelle nous nous confrontons s’inscrit également dans ce même registre pictural qui se construit à partir d’un emprunt à certaines pratiques sculpturales. Sans Titre, est une poutre de chêne sur laquelle l’artiste est venue agrafer de multiples morceaux de papiers peints déchirés les uns sur les autres, comme un sculpteur vient ajouter de la glaise sur son ébauche pour lui donner plus de matière. Partiellement recouverte, l’œuvre nous ramène dans l’espace public, là où les affiches, agrafées sur les murs et autres panneaux, sont arrachées.

En réponse à ces œuvres dans lesquelles une certaine « violence » de travail se dégage (déchirure, martèlement, hyper-gestualité…), Isabelle Ferreira a disposé dans l’espace des œuvres plus « calmes », dont le vocabulaire formel nous renvoie du côté des artistes de l’art minimal, dans le sens où leur agencement, au sol et aux murs, semble répondre à différents protocoles de manipulations méticuleux, à l’image, par exemple, des Éléments de Perspectives. En effet, cet ensemble de structures en bois joue à la fois son rôle d’œuvre et de structure de présentation, à la façon d’une bibliothèque murale dans laquelle l’artiste y disposerait (ou présenterait) des peintures / objets comme autant de témoignages de formes qui constitueraient son vocabulaire plastique. D’ailleurs, chacun des éléments présents dans ce mobilier est modulable et déployable dans l’espace de la galerie selon des compositions qui changent à chaque nouvelle exposition.

Enfin, que ce soit dans les titres, qui font directement référence à des éléments présents dans la nature (pétales, sol, examen – terme signifiant essaim en portugais), dans les matériaux utilisés (racines, bois, briques…), ou dans leur construction (perspective, déploiement, accumulation…), chaque œuvre nous rappelle combien l’artiste s’inscrit dans une certaine tradition des pratiques du paysage, allant du travail réalisé par le paysagiste qui construit une image de la nature, au peintre qui tente de saisir cette même image. En cela, le titre de l’exposition prend tout son sens, car si le paysage se fige dans un temps donné, il semblerait qu’il soit également dans la capacité d’évoluer progressivement et de mieux revenir là où tout était résolu.

Texte Alex Chevalier, © 2017 Point contemporain

Infos pratiques
Revenir là où tout est résolu
Exposition personnelle d’Isabelle Ferreira,

Du 20 mai au 29 juillet 2017

Galerie Maubert Paris
20, rue Saint-Gilles 75 003 Paris

du mardi au samedi de 13h00 à 19h00

www.galeriemaubert.com

 

Isabelle Ferreira
Née en 1972.
Vit et travaille à Paris.

Représentée par la Galerie Maubert Paris.

www.isabelleferreira.com

 

vues de l'exposition personnelle Revenir là où tout est résolu d'Isabelle Ferreira, Galerie Maubert Paris © Rebecca Fanuele vues de l'exposition personnelle Revenir là où tout est résolu d'Isabelle Ferreira, Galerie Maubert Paris © Rebecca Fanuele vues de l'exposition personnelle Revenir là où tout est résolu d'Isabelle Ferreira, Galerie Maubert Paris © Rebecca Fanuele vues de l'exposition personnelle Revenir là où tout est résolu d'Isabelle Ferreira, Galerie Maubert Paris © Rebecca Fanuele vues de l'exposition personnelle Revenir là où tout est résolu d'Isabelle Ferreira, Galerie Maubert Paris © Rebecca Fanuele

 

 

Visuels : vues de l’exposition personnelle Revenir là où tout est résolu d’Isabelle Ferreira, Galerie Maubert Paris © Rebecca Fanuele

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