[EN DIRECT] Théophile’s Papers – About book F/F : Don’t read book chez Néon Lyon

[EN DIRECT] Théophile’s Papers – About book  F/F : Don’t read book chez Néon Lyon

Sur une invitation de Julie Rodriguez-Malti – directrice – Théophile Calot, plus connu sous le nom Théophile’s Papers, était en résidence chez Néon, à Lyon depuis le mois de septembre 2014. Cette dernière, et ce, en écho à la pratique d’éditeur / curator indépendant de Théophile’s Papers, était placée sous le signe de l’édition d’artiste. Ponctuée par une série de rendez-vous plus ou moins réguliers lors desquels des artistes, des éditeurs et des graphistes étaient invités à présenter leur pratique et à échanger avec le public autour des derniers projets qu’ils avaient menés. En parallèle à ces rendez-vous, l’espace de la vitrine que met à disposition le lieu (un box dans une vitrine voisine) a été investi par l’éditeur tout au long de sa résidence afin d’y présenter différents ouvrages que nous pouvions également retrouver dans la libraire mobile constamment réglementée et créée spécifiquement pour cette résidence.

Après 18 mois de résidence et de rendez-vous ponctuels, Théophile’s Papers nous propose une dernière vision de sa pratique d’éditeur, celle de curator. En effet, afin de mettre un terme à sa résidence, celui-ci a décidé de nous présenter une exposition pour laquelle il a convié cinq artistes avec lesquels il avait travaillé en jouant de son statut d’éditeur et en publiant différents ouvrages réalisés et pensés par chacun de ces artistes, à savoir Christian Aschman, Sébastien Capouet, Mathieu Gargam, Valérian Goalec et Adrien Vescovi.

 

Valerian Goalec - Vue d'exposition Théophile's Papers chez Néon - Photo : Anne Simonnot
Valerian Goalec – Vue d’exposition de Théophile’s Papers chez Néon – Photo : Anne Simonnot

 

Entre le statut d’éditeur et celui de curator indépendant, il ne semble y avoir qu’un pas – deux pratiques qui évolueraient côte à côte et qui, sur certains points, pourraient même se compléter. Dans un texte intitulé Why Publishing : JRP/Ringier*, Lionel Bovier (fondateur de la maison d’édition JRP/Ringier et directeur du MAMCO de Genève) écrit :  » éditer un livre peut être très similaire à l’acte curatorial. Comme curator indépendant, j’ai toujours considéré l’exposition comme un médium et dans ce sens, cela peut prendre des formes très différentes, et même celle d’un livre.  » Et c’est bien cette résonance entre pratique éditoriale et pratique curatoriale qui est mise en avant dans cette exposition. En effet, chacun des artistes invités présente une œuvre qui pourrait faire office de statement à leur pratique, tout en faisant écho aux livres qu’ils ont publiés (ou qui vont l’être sous peu) par Théophile’s Papers. Aussi, par cette envie délibérée du curator de convoquer différentes temporalités (de la production à la monstration et distribution des œuvres), le livre est placé au centre d’une conversation dans laquelle le regardeur se trouve confronté aux différentes possibilités matérielles, formelles et contemplatives qu’offre le livre tant dans sa fonction d’objet, que dans ses prolongements plastiques éventuels.

 

Adrien Vescovi, Valerian Goalec - Vue d'exposition Théophile's Papers chez Néon - Photo : Anne Simonnot
Adrien Vescovi, Valerian Goalec – Vue d’exposition de Théophile’s Papers chez Néon – Photo : Anne Simonnot

En entrant dans l’espace de monstration, le regardeur est comme immergé dans un espace dans lequel le temps semble s’être arrêté et se retrouve rapidement happé par un monochrome violet qui le laisse rêveur. Au cœur de l’exposition, les rôles s’inversent, les photographies et les peintures deviennent des volumes et à l’inverse, les volumes deviennent des images. Aussi, si chacune des œuvres réclame son indépendance des publications de leurs auteurs, des liens étroits apparaissent à qui saura prendre le temps de les observer. Le travail du tissu coloré par le temps et du drapé, le cadrage et le recadrage d’une image que l’on suspend, l’accumulation de photographies dans un même espace, le travail de la grille et de la répétition ou encore la fragmentation d’une image peinte créent autant de trames et de possibilités de lectures de chacune des œuvres exposées.

Du fait de sa double activité d’éditeur et de curator indépendant, Théophile’s Papers parvient à nous faire poser la question des statuts dans les pratiques contemporaines. L’éditeur / curator joue avec le vocabulaire propre à chacune des pratiques qu’il mène conjointement et place le regardeur dans un espace hybride. Un positionnement qui parvient à semer le trouble et à ouvrir notre regard sur ces pratiques qui, encore en 2016, peuvent paraître abstraites et échapper à toute classification.

Texte : Alex Chevalier

* in Put About : A Critical Anthology on independant Publishing, ed. Maria Fusco with Ian Hunt (Book Works, London, 2004)

 

Mathieu Gargam - Vue d'exposition Théophile's Papers chez Néon - Photo : Anne Simonnot
Mathieu Gargam – Vue d’exposition de Théophile’s Papers chez Néon – Photo : Anne Simonnot

 

Adrien Vescovi, Sébastien Capouet - Vue d'exposition Théophile's Papers chez Néon - Photo : Anne Simonnot
Adrien Vescovi, Sébastien Capouet – Vue d’exposition de Théophile’s Papers chez Néon – Photo : Anne Simonnot

 

Pour en savoir plus sur le lieu :

Pour en savoir plus sur l’exposition :
[AGENDA] 19.11→24.12 – Théophile’s Papers présente F/F : « Don’t read books » – Néon Lyon

Pour en savoir plus sur le curateur :
Théophile Calot / Théophile’s Papers

Pour en savoir plus sur les artistes :

 

 

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