Dogs from Hell, Galerie Patricia Dorfmann

Dogs from Hell, Galerie Patricia Dorfmann

En direct de l’exposition Dogs from hell sous le commissariat de Julie Crenn du 30 janvier au 27 février 2016, Galerie Patricia Dorfmann 61 rue de la Verrerie 75004 Paris.

Artistes : Mohamed Ben Slama né en 1974 à Tunis. Résident de la cité internationale des arts à Paris en 2002.
Laura Bottereau née en 1989, vit et travaille à Nantes & Marine Fiquet née en 1990, vit et travaille à Nantes.
Eric Corne né en 1959, est artiste avant d’être commissaire d’exposition. Il vit et travaille à Paris.
Damien Deroubaix né 1972 à Lille. Vit et travaille à Meisenthal, France.
Vanessa Fanuele née en 1971. Elle vit et travaille à Paris.
Myriam Mechita née en 1974. Vit et travaille à Berlin et Paris.
Françoise Pétrovitch née en 1964, vit et travaille à Cachan.
Skall né en 1960. Il vit et travaille à Paris.
Adrien Vermont né en 1981. Vit et travaille à Bruxelles.
Jean-Luc Verna né en 1966 à Nice, est un dessinateur, sculpteur, photographe, performeur et musicien français. Il vit et travaille à Paris.
Gretel Weyer
 née en 1984 à Saverne. Vit et travaille à Strasbourg.

 

L’exposition Dogs from Hell, par les multiples faisceaux de compréhension qu’elle propose, jette de profonds troubles sur la différenciation communément admise entre homme et animal. Des réflexions portées sur la nature humaine que l’on définit toujours comparativement avec l’animale. Un mode de penser l’humain dont l’exposition Dogs from Hell, à travers les thématiques du « côté primal de l’enfance et de la transformation du corps », une transformation pouvant aller jusqu’à la figure du monstre, de la sexualité et de la question du genre, de la survivance, du « corps fragmenté », de la violence et de la fragilité… nous donne la juste mesure.

Mohamed Ben Slama, Vue d'exposition Dogs from Hell Galerie Patricia Dorfmann
Mohamed Ben Slama, Vue d’exposition Dogs from Hell
Galerie Patricia Dorfmann

Un des premiers faisceaux, omniprésent, est celui du lien qui unit l’enfant et l’animal. Une animalité qui passe par une confusion physique dans les oeuvres de Mohamed Ben Slama. L’enfant est lié dans son développement à l’animal, par ses postures identiques, son rapport à la nudité, ses besoins métaboliques immédiats. Une assimilation qui révèle une forme d’étrangeté par une attirance pour le masque. Un besoin essentiel et nourricier de conserver ce lien à la nature, avec cette part instinctive et sauvage.

Un lien un peu mystique, presque de sorcellerie, comme dans les oeuvres de Gretel Meyer qui représentent des céramiques d’une figure d’enfant recrachant des crapauds. Le lien dépasse alors le physique, il prend sa source dans l’univers psychique. À l’innocence fait place un univers trouble, en lien avec des forces naturelles non maîtrisables et inquiétantes. Les fonds rouges et la présence de chiens-loups dans la série de dessins Tu vas comprendre de Myriam Mechita donnent une vision presque anthropologique, renvoient au fluide vital comme à la part sanglante inhérente à tout être vivant.

Myriam Méchita, Tu vas comprendre Exposition Dogs from Hell, Galerie Patricia Dorfmann
Myriam Méchita, Tu vas comprendre
Vue de l’exposition Dogs from Hell, Galerie Patricia Dorfmann

Un rapport entre l’homme et l’animal qui peut être celui du jeu et de la représentation que l’on se fait de ce dernier. Skall, par l’accumulation d’objets kitch sur une sculpture de chien en céramique, crée une étonnante hybridation, une sorte de totem humoristique représentant la transformation de l’animal que provoque toute forme de domestication. Les dessins d’Adrien Vermont, grandes planches d’histoire naturellement subjectives (Girafe, Chameau, Cerbère) jouent sur les représentations de l’animal, de la planche d’encyclopédie au dessin d’enfant. Une vision naturaliste et scientifique qui passe d’abord par un rapport d’émerveillement et d’affection pour l’animal.

Adrien Vermont, vue d'exposition Dogs from Hell Galerie Patricia Dorfmann
Adrien Vermont, vue d’exposition Dogs from Hell
Galerie Patricia Dorfmann

Un premier élan vers l’animal qui résonne avec les jeux auxquels s’adonnent les personnages des dessins de Laura Bottereau & Marine Fiquet qui prennent leur source dans le livre de Monique Witting où des petites filles sont transformées en « Guérillères », féminin de “guérilleros” (1). Le jeu est lié à ce passage de l’enfance à l’âge adulte, à cette perte du lien avec l’animal et sa pureté pour basculer dans le monde conscient. Les lavis d’encre sur papier de Françoise Pétrovitch expriment symboliquement la part animale qui meurt dans l’enfant.

Vanessa Fanuele, Vue d'exposition Dogs from Hell Galerie Patricia Dorfmann
Vanessa Fanuele, Vue d’exposition Dogs from Hell
Galerie Patricia Dorfmann

La confusion entre l’homme et l’animal se caractérise par l’apparition de personnages mythologiques, le faune chez Jean-Luc Verna et les êtres en mutation dans les peintures de Vanessa Fanuele. Des créatures qui représentent depuis les Métamorphoses d’Ovide ou les textes de Dante, ce passage dans l’indéterminé entre homme et animal. Une métamorphose inquiétante, qui dévoile à travers un processus d’hybridation, le caractère de l’être à venir.

Damien Deroubaix, World Downfall, 2014 Tapisserie en 3 panneaux assemblés : fils de laine, broderie, cuir, dentelle / 268 x 410 cm Vue d'exposition Dogs from Hell Galerie Patricia Dorfmann
Damien Deroubaix, World Downfall, 2014
Tapisserie en 3 panneaux assemblés : fils de laine, broderie, cuir, dentelle
Vue d’exposition Dogs from Hell Galerie Patricia Dorfmann

L’animalité porte aussi sur les actes que l’on qualifie de « monstrueux ». World Downfall de Damien Deroubaix, qui est une réinterprétation de l’œuvre de Picasso Guernica,  est composée de visions d’Auschwitz, d’animal mort, de bourreau… Un travail de collage et broderie sur tapisserie qui exprime une grande violence. Une force expressive que l’on retrouve dans les oeuvres dessinées d’Eric Corne qui nous saisissent dans des narrations étouffantes, des scènes de drames dont on construit peu à peu la trame et qui nous emprisonnent.

Une violence qui pose la question de la destruction et de ce qui survivra au temps de l’humain. Un « après » que l’on entrevoit à travers la ruine et la multitude de rats qui l’entourent. Une destruction qui nous forcera sans doute à nous reposer plus lucidement la question des origines, à nous resituer dans les maillons de l’évolution et à renouer avec notre animalité.

Vue d'exposition Dogs from Hell, Galerie Patricia Dorfmann
Vue d’exposition Dogs from Hell, Galerie Patricia Dorfmann

(1) Monique Wittig Les Guérillères Les Éditions de Minuit 1969

(2) Oeuvre réalisée en collaboration avec une brodeuse pour les masques qui se situent en partie haute et une dentelière pour le crâne du taureau dont le corps est en peau de poulain.

Nous remercions Julie Crenn pour sa présentation de l’exposition.

Pour en savoir plus :

patriciadorfmann.com

crennjulie.com

laurabottereau.com
marinefiquet.com
ericcorne.net
damienderoubaix.com
vanessafanuele.net
myriammechita.net
adrienvermont.tumblr.com
francoisepetrovitch.com
jlverna.online.fr
gretelweyer.com

Visuels tous droits réservés artistes et galerie Patricia Dorfmann.

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