[ÉDITION] Les Invisibles, Alex Chevalier

[ÉDITION] Les Invisibles, Alex Chevalier

Les Invisibles, c’est une exposition qui prend place dans l’édition de son propre catalogue, un journal dans lequel trois
artistes – Olivier Mosset, Hugo Schüwer-Boss, Élodie Seguin – ont été invités à penser, proposer et concevoir un ensemble d’oeuvres répondant aux contraintes d’espace qu’offre cette publication.

Penser une exposition par son catalogue, c’est penser la physicalité de ce support en se projetant dans un objet qui, de par sa nature, est manipulé par son lecteur et se trouve entrecoupé de temps vides, de moments de respiration qui pourraient être assimilés à ceux des murs blancs d’un espace de monstration de type white cube. Si cette exposition a été conçue dans un format si particulier, c’est qu’à la différence d’une galerie ou d’un musée, le livre s’inscrit naturellement dans la durée, de part sa longévité, mais également pour la capacité qu’a cet objet à faire passer son lecteur du rôle de spectateur passif à celui de spectateur actif de l’exposition. De ce fait, Les Invisibles est une exposition qui est pensée sur la durée et l’expérience physique, facilitant par la même occasion l’appréciation des oeuvres par leur manipulation et une contemplation interactive.
En devenant son propre espace d’exposition, cette publication participe à la remise en question des conditions de monstration en art (la prise en compte de l’espace par l’artiste et l’appréhension de ce même espace par le spectateur), mais aussi la façon dont une exposition est généralement conçue. Proposant bien plus qu’un enchaînement d’oeuvres mises les unes à côté des autres, Les Invisibles se veut porter une réflexion sur les pratiques picturales contemporaines à travers l’oeuvre de trois artistes, dont les pratiques et regards respectifs sur l’art diffèrent et amènent le regardeur, dans le contexte de cette exposition, à devenir acteur de l’espace en le mettant face à des problématiques de mise en espace, d’engagement du corps et de picturalité de l’oeuvre.

En parcourant l’exposition qu’il a entre les mains, le spectateur / lecteur accepte de jouer le rôle de modulateur d’espace. Bien que l’espace de monstration soit déterminé et contenu dans les 24 pages de cette publication, il n’empêche que, pour une bonne lecture des oeuvres, le spectateur se retrouve dans l’obligation de créer et modifier l’espace – quatre pages se succédants et ne formants qu’une seule oeuvre ne serait visible / lisible autrement que par la manipulation des pages sur lesquelles est imprimée ladite oeuvre. Un espace figé en mouvement dans lequel, le temps, comme figé, laisse place à la contemplation. Aussi, l’exposition / catalogue que représente Les Invisibles, peut être perçu comme étant l’objet permettant la réunion des notions de temps (temps de l’oeuvre / temps de regard / temps d’exposition) et d’espaces (espace mental / espace physique) tout en les rendant intrassequement liées et indissociables.

Alex Chevalier, Les Invisibles, 2016

 

[ÉDITION] Les Invisibles, Alex Chevalier
[ÉDITION] Les Invisibles, Alex Chevalier
[ÉDITION] Les Invisibles, Alex Chevalier
[ÉDITION] Les Invisibles, Alex Chevalier
Publication :
26 x 18 cm
24 pages
papier : 55grm
quadrichromie
édition bilingue français / anglais
édition limitée, 300 exemplaires numérotés à la main en 4ème de couverture
Prix : 6,50 euros

Plus d’informations et commande : alex-chevalier@hotmail.fr

 

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