[LIVRES⎮ESSAI] La sculpture contemporaine, Paul-Louis Rinuy, Presses Universitaires de Vincennes

[LIVRES⎮ESSAI] La sculpture contemporaine, Paul-Louis Rinuy, Presses Universitaires de Vincennes

Qu’est-ce que la sculpture contemporaine ?

Répondre à cette question, c’est dresser une histoire de l’art du volume qui s’étend de l’assemblage à l’installation, de l’art de l’objet au Land Art.

Les sept décennies de 1945 à aujourd’hui ont vu – avec Brancusi, Giacometti, Carl Andre, Louise Bourgeois, Robert Smithson, Tinguely, Richard Serra – le champ élargi de la sculpture se redéfinir comme l’art public par excellence qui anime l’espace et métamorphose le site où il prend place. La prise en compte de l’œuvre dans sa matérialité et dans son environnement conduit surtout à faire de la sculpture le lieu des interrogations métaphysiques et existentielles, la manifestation de l’énergie de l’homme contemporain dans sa multiplicité inventive.

Extrait :

« Pourquoi la sculpture plutôt que rien ? », s’interrogeait l’artiste Emmanuel Saulnier en l’an 2000 (Dufrêne, Rinuy 2001 : 85). Cette question, dont l’ironie révèle la position difficile de « La sculpture à l’âge du soupçon » (Mc Evilley 1999), n’a cessé depuis plusieurs décennies de tourmenter les historiens de l’art, les artistes, les commanditaires, inquiets de s’attacher à un art qui risque de passer pour démodé, voire inutile, en cette période où s’achève l’art contemporain comme cause à défendre ou simplement comme période. Ce livre entend répondre à cette interrogation en dressant une histoire de la sculpture contemporaine, de l’art du volume, de la forme tridimensionnelle, qui s’étend de l’assemblage à l’installation, de l’art de l’objet au Land Art, durant les sept décennies qui vont de 1945 à nos jours. Cette histoire est le fruit de mon expérience personnelle en tant qu’enseignant, critique, commissaire d’exposition. Et si ma vision se révèle différente d’autres synthèses, peu nombreuses au demeurant, conçues selon des logiques intellectuelles et dans des formats différents (Causey 1998 ; Goldberg Monnin 2004 ; Dufrêne 2005 ; Goldberg 2015), c’est que chaque historien construit sur son objet d’analyse un regard singulier.

Depuis l’exposition cardinale What is Modern Sculpture ?, organisée au Museum of Modern Art en 1970 par l’historien d’art Robert Goldwater – qui était depuis 1937 le mari de la grande sculpteur franco-américaine Louise Bourgeois (1911-2010) –, la question de la définition de la sculpture revient autant chez les artistes que chez les historiens et critiques. Car il ne suffit pas de répondre au cas par cas ni de se demander, œuvre après œuvre et créateur après créateur, qui entre ou n’entre pas dans cette histoire de la sculpture moderne, contemporaine. L’interrogation est essentielle, conceptuelle : peut-on encore parler de sculpture après la célèbre et radicale affirmation du pionnier du Minimal Art Donald Judd (1928-1994) – « La moitié ou plus des œuvres nouvelles les meilleures de ces dernières années, proclame-t-il dès l’ouverture de son manifeste Specific Objects en 1965, ne sont ni de la peinture ni de la sculpture » (Qu’est-ce que la sculpture moderne ? 1986 : 384) ? Cette affirmation correspond au grand bouleversement dans la définition des pratiques artistiques qui marque les années 1960, notamment aux États-Unis, mais s’inscrit dans toute une suite de déclarations qui commencent avec La Sculpture langue morte (La scultura lingua morta) du sculpteur italien Arturo Martini (1889-1947), publié en 1945.

Pour se procurer cet ouvrage :

  • Auteur : Paul-Louis Rinuy
  • Collection : Libre cours
  • Paru en : Octobre 2016
  • EAN : 9782842925536
  • ISBN : 978-2-84292-553-6
  • 168 pages, 120x180mm
  • Illustrations : Non
  • Édition : Première édition

 

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