Entretien avec Gaëlle Chotard 

Entretien avec Gaëlle Chotard 

Vue de l’exposition Gaëlle Chotard, La part de l’ombre, du 13 octobre au 1er décembre galerie Papillon, Paris

 

Gaëlle Chotard travaille le fil métallique avec patience, le tisse, crée des nœuds, plus ou moins denses ou lâches pour réaliser des pièces allant du microcosme au cosmos. À l’occasion de sa deuxième exposition personnelle à la galerie Papillon, elle présente un ensemble de nouvelles pièces, des œuvres réalisées à l’aide de fil métallique et de cordes à piano, une série de dessins ainsi que des sculptures en bronze.

Pauline Lisowski : Comment utilises-tu le fil ? Que t’apporte cette technique ?

Gaëlle Chotard : Le fil et les techniques qui l’accompagnent permettent de créer une matière fine, souple, des trames plus ou moins denses, de travailler autour d’espaces vides et de tracer des lignes. Le fil métallique permet lui de construire des volumes où certaines parties ne tiennent quasiment à rien. C’est un travail de concentration, qui implique une plongée dans les pensées. 

P L : Quelle est ta relation à l’architecture ? Comment te laisses-tu guider par ta technique de dessin/sculpture ?

G C : Mes pièces sont comme des pantins qui sont capables de s’adapter à l’espace. Elles prennent vie dans l’équilibre, tels des corps. Le dialogue que j’établis avec l’architecture est de plus en plus présent. En fonction des espaces d’exposition et de leur architecture, plus ou moins marquée, je laisse parler le lieu et écoute ce qu’il a à me dire. J’accorde une grande importance au vide et aux caractéristiques de l’espace pour ce qu’il a de particuliers. Je crée une expérience de contemplation de l’architecture. Mes œuvres s’y intègrent alors de telle manière qu’elles semblent avoir été faites pour le lieu. 

P L : De quelle manière penses-tu tes créations dans leur capacité à dessiner un espace ?

G C : En travaillant le fil métallique, j’ai un vocabulaire de dessin : la trame, la ligne, le dégradé, la variation de gris, la mise en page. L’espace est une page, le support du dessin. Ensuite c’est un dialogue avec l’architecture. Il faut trouver la justesse, occuper l’espace et le laisser respirer. La lumière est également très importante pour que les pièces vivent et se découvrent de différentes manières dans le lieu.

P L : À la galerie Papillon, tu présentes des dessins. Comment ceux-ci te permettent-ils de développer autrement la notion d’espace ?

G C : J’essaye d’acquérir la même liberté que lorsque je déploie mes pièces dans l’espace. J’utilise le papier comme de la sculpture. Je supprime parfois les limites de la feuille. Je crée des épaisseurs d’encre, gratte la feuille avec des fines pointes métalliques. Ces dessins de papiers déchirés se retrouvent en rapport direct avec l’espace du mur. 

P L : Une tension entre croissance et concentration cohabite dans tes œuvres. Comment le fil te permet de créer une sensation de déplacement ?

G C : C’est justement ce qui m’intéresse cette possibilité de composer une densité et de la laisser peu à peu s’évaporer. Une zone plus voyante est nécessaire pour maintenir un équilibre avec le vide et donner à voir l’espace. Cette partie de l’œuvre se dilue, se déploie et disparaît presque dans l’architecture. 

P L : Tes pièces en fil apparaissent à la fois légères et solides. Ce qui permet leur adaptabilité dans l’espace d’exposition. Elles suggèrent un système de croissance, une vie. Quelles sont tes sources d’inspiration qui t’invitent à donner naissance à ces formes ?

G C : Mes œuvres ont une apparence légère qui est dûe à la finesse des fils et pourtant elles révèlent une structure composée d’une multitude de vides. Elles suggèrent des sphères, des formes rondes et des ramifications, ces formes originelles qui se retrouvent dans la nature et dans tous les êtres vivants.

 

Entretien réalisé par Pauline Lisowski  © 2018 Point contemporain
publié à l’occasion de l’exposition « La part de l’ombre » à la galerie Papillon Paris, visible jusqu’au 1er décembre 2018

 

Gaëlle Chotard
Née en 1973 à Montpellier
Vit et travaille à Nogent-sur-Marne

http://gaelle.chotard.free.fr

 

 

Vue de l'exposition Gaëlle Chotard, La part de l'ombre, du 13 octobre au 1er décembre galerie Papillon, Paris
Vue de l’exposition Gaëlle Chotard, La part de l’ombre, du 13 octobre au 1er décembre galerie Papillon, Paris

 

Vue de l'exposition Gaëlle Chotard, La part de l'ombre, du 13 octobre au 1er décembre galerie Papillon, Paris
Vue de l’exposition Gaëlle Chotard, La part de l’ombre, du 13 octobre au 1er décembre galerie Papillon, Paris

 

Vue de l'exposition Gaëlle Chotard, La part de l'ombre, du 13 octobre au 1er décembre galerie Papillon, Paris
Vue de l’exposition Gaëlle Chotard, La part de l’ombre, du 13 octobre au 1er décembre galerie Papillon, Paris

 

 

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