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Revue d'art contemporain

[FOCUS] Gwenaël Billaud, Aladdin Sane

[FOCUS] Gwenaël Billaud, Aladdin Sane

Du 18 février au 1er avril 2017, la galerie Phantom Projects Contemporary basée à Troyes accueille les artistes Gwenaël Billaud, Anastasia Bay, Félix Bressieux, Julian Burgos, Adrien Cicero, Carola Ernst, Orsten Groom, Régis Gonzalez, Manon Harrois, Nicolas Huch, Stefan Kaminski, Phil King, Catherine Lorent, Humberto Poblete-Bustamante, Kerstin Podbiel et Splitter Revolt pour une exposition collective : « THUNDER AND LIGHTING, FAST AND LOOSE SHOW! ».

Privilégiant les projets innovants et rejetant toute idée de convention, cette structure nomade créée par Iléana Rodriguez en 2012 consacre depuis une programmation éclectique à des artistes émergents, en provenance de tous horizon et se distinguant par leurs différentes approches de la création artistique. 

 

Gwenaël Billaud, Aladdin Sane
Gwenaël Billaud, Aladdin Sane

 

À l’instar notamment de l’exposition Extravaganza (23 novembre 2013 – 31 janvier 2014), dans le cadre de laquelle la musique avait déjà joué un rôle central (des morceaux choisis pour chaque œuvre avaient été mixés en live par le DJ berlinois D.J.Kriton), cette nouvelle exposition collective symbolise l’importance de la musique en tant qu’elle accompagne et guide l’ensemble des activités de la galerie, tout autant qu’elle nous inspire dans nos vies personnelles. L’exposition se veut rendre hommage à un certain nombre de groupes ou artistes mythiques qui ont marqué durablement l’histoire de la musique. Chaque artiste invité s’est vu donc confier la tâche de reproduire, ré-imaginer, se réapproprier une pochette de disque.

L’artiste français Gwenaël Billaud a choisi de faire honneur à David Bowie, qui l’inspire et motive sa création depuis de nombreuses années, à travers une reprise de la pochette de l’album Aladdin Sane. Son œuvre retrace les nombreuses prises de vues qui ont été réalisées afin de sélectionner la photographie finale qui illustre la fameuse pochette. Travaillant à partir de documents préexistants qu’il projette à l’aide d’un vidéo projecteur, Gwenaël Billaud choisit de rompre avec cette pratique de la « copie » par l’intervention spontanée sur le dessin : gribouillages, scotch, collages, autant de procédés qui rappellent la technique du « cut-up » qu’on connaît en littérature notamment à travers la figure de l’auteur américain William S. Burroughs et Jack Kerouac, de la « Beat Generation ». L’œuvre de départ, telle qu’elle avait été pensée, se transforme au fur et à mesure des réarrangements opérés par l’artiste ; l’unicité se fragmente au profit d’une œuvre nouvelle.

« La mort fait partie intégrante de mon travail puisqu’il s’agit, à mon sens, d’une question de reproduction de l’image qui petit à petit, disparaît ». 

Gwenaël Billaud aime raconter des histoires. Après sa série sur les tueurs en série et de la représentation du mythe qui les entoure, c’est d’une autre figure mythique qu’il nous parle, celle de David Bowie. L’occasion pour l’artiste d’aborder une notion clé : celle de l’effacement de l’image par sa reproduction. Ces images de David Bowie nous rappellent ainsi le portrait d’Elizabeth Taylor par Warhol qui, à force d’être répété, finit par s’effacer.

Texte Lisa Toubas pour Point contemporain © 2017

 Gwenaël Billaud, Aladdin Sane

 

Gwenaël Billaud, Aladdin Sane

 

Pour en savoir plus sur le lieu :

Pour en savoir plus sur l’artiste :

Pour en savoir plus sur l’exposition :
[AGENDA] 18.02→01.04 – Thunder and Lighting, Fast and Loose Show ! Phantom Projects Contemporary – Troyes

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