[FOCUS] Juliette-Andréa Elie, Inhabitable monde habitable

[FOCUS] Juliette-Andréa Elie, Inhabitable monde habitable

Focus sur l’oeuvre, Inhabitable monde habitable, de l’artiste plasticienne et photographe Juliette-Andréa Elie.

Oeuvre : Inhabitable monde habitable, 2014, impression pigmentaire sur papier Pergamano et embossage, 90x60cm, série Fading landscapes, II

Artiste : Juliette-Andréa Elie, née en 1985, diplômée de ESBA de Nantes. Résidente de la Cité internationale des arts en 2015.

Les travaux à la fois plastiques et photographiques de Juliette-Andréa Élie interrogent l’existence même de ce que nous voyons.

Par une technique superposant à ses photographies des dessins en embossement sur calque, Juliette-Andréa Élie portent une réflexion sur le visible et nous fait accéder à l’existence intérieure des choses et des êtres, à une conscience accrue du déroulement du temps. Ses compositions donnent le sentiment que le calque restitue le témoignage de la projection de notre manière de percevoir le monde avec ses dimensions cognitives, imaginaires et même techniques.

Ainsi dans cette oeuvre, l’apparition de biches fantomatiques à la lisière de la forêt a un caractère surnaturel et troublant. Se confondent-là, dans un moment entre chien et loup, la réalité d’une présence et celle de la vision. La présence d’une silhouette « photographiée » au milieu d’un groupe de biches « embossées », sans rapport d’échelle, entremêlant sur un même plan rêve et réalité. Une confusion qui affecte même la nature de l’image en introduisant la notion de « unheimlich »,  traduisible comme une « inquiétante étrangeté »(1). Une notion que Freud a longuement interrogée car elle pose la question de la perte du connu, du familier [heim] et même du rationnel dans l’appréhension d’un phénomène pour introduire celle d’une vision angoissante, au caractère quasi magique.

Le travail de Juliette-Andréa Élie interroge les phénomènes de la perception, au travers  de la connaissance, de la psychologie, du mystique, tout en s’orientant peu à peu vers une approche plus scientifique des phénomènes de perception. Il pose la question essentielle de notre perception, ce « contact naïf avec le monde » (Merleau-Ponty)(2), car c’est elle qui conditionne notre présence au monde.

(1) Notion qui provient d’un conte, « L’homme au sable » de Hoffman où un homme ne distingue pas s’il est en présence d’une femme ou d’une poupée.
(2) Issu de Notes sur Merleau-Pony http://www.philopsis.fr/IMG/pdf_perception_merleau-ponty_dupond.pdf

Plus d’informations sur l’artiste : julietteandreaelie.com

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