[FOCUS] Maxime Duveau, Sunset Strip

[FOCUS] Maxime Duveau, Sunset Strip

Focus sur l’oeuvre Sunset Strip de l’artiste Maxime Duveau présentée lors de l’exposition Echo de garage et valse du décor, du 04 décembre 2015 au 20 janvier 2016, Galerie Houg Paris. 

Oeuvre : Sunset Strip, 150x230cm, 2015, fusain et peinture en spray sur papier

Artiste : Maxime Duveau né en 1992. Vit et travaille à Paris. Diplômé de la Villa Arson de Nice avec félicitations du jury – DNSEP 2015.

Jeune artiste diplômé de la Villa Arson de Nice, Maxime Duveau a une pratique artistique qui fait se côtoyer des dessins au fini très lisse avec des travaux où le papier est malmené parfois même jusqu’à la déchirure. Il rend compte par le dessin de traces de vie, d’empreintes laissées par le passage des hommes dans les lieux emblématiques de l’Ouest des Etats-Unis. À l’histoire retracée par les documentaires ou l’iconographie officielle, il préfère celles des habitués qui, en laissant dans les salles de concert et dans les toilettes des graffiti marquant leur passage, témoignent d’une effervescence culturelle et d’un moment de leur vie.

Propos de Maxime Duveau recueillis le samedi 09 janvier 2016 à la Galerie Houg :

« Je réalise des dessins à partir de photographies prises lors de mon séjour aux Etats-Unis et plus particulièrement de certains quartiers mythiques de Los Angeles. Même si mes oeuvres sont figuratives, je ne cherche jamais à faire un dessin parfait ou réaliste mais plutôt à reconstituer des sortes de synthèses un peu abstraites de ce que j’ai vu. Le tag Sunset Strip évoque un quartier mythique à Los Angeles dans les années 60 où se trouvaient tous les bars et salles de concert, un lieu de vie très important à cette époque.

Maxime Duveau, Sunset Bar, Fusain, Tampons et transferts sur papier, 2015
Maxime Duveau, Sunset Bar, Fusain, Tampons et transferts sur papier, 2015

Il y a une volonté de restituer l’histoire de ces murs, de rechercher leur mémoire à partir de traces. Parfois, certains dessins peuvent paraître avoir été exécutés sur des feuilles classiques mais en s’approchant, on s’aperçoit que le papier a été froissé car les pliures s’intègrent et participent même au motif. Les lacérations, elles, donnent, dans les dessins figuratifs, l’impression qu’il pleut.

Le dessin Sunset Strip est un détail de mur. J’ai agrandi le motif jusqu’à chercher un lien avec la peinture abstraite car mon approche est autant picturale que liée au dessin. Cette pièce est issue d’une série dans laquelle je recrée des murs graffités de toilettes ou de salles de concert.

Maxime Duveau, Dead Boys Rule, 190cmx260cm, Fusain et peinture en spray sur papier, 2014
Maxime Duveau, Dead Boys Rule,
190cmx260cm, Fusain et peinture en spray sur papier, 2014

Sur la première pièce de la série, j’avais dessiné des graffiti sur une feuille que j’ai ensuite entièrement recouverte de fusain. Lorsque la feuille a été totalement noire, j’ai commencé à la gratter assez fortement. Puis, en m’aidant d’une règle, j’ai gommé le fusain afin de réaliser des strates et de tenter de retrouver les graffiti qui se trouvaient dessous. Une fois redécouverts, les graffiti paraissaient inscrits dans la trame même du papier. C’est un peu comme si on enlevait toutes les couches de l’histoire pour retrouver l’empreinte initiale.

Tout ce qui a été dessiné sur une feuille laisse une trace définitive. J’ai beau essayer de gommer, de tenter de la faire disparaître, il en reste la forme. Quand je ne souhaite pas couvrir une partie de la feuille, en préserver le blanc, j’utilise du scotch de réserve. Je fais aussi des projections de fusain qui, en retombant, fait écho aux résidus de retombée de peinture à la bombe.

Je vois le dessin comme une sorte de palimpseste, une succession de gestes qui se superposent : ajout de fusain, effacements, … Et comme chacune de mes interventions reste visible, il est même possible d’en retracer l’historique.

Maxime Duveau, Santa Monica 66, 100cmx70cm, Fusain sur papier, 2014
Maxime Duveau, Santa Monica 66,
100cmx70cm, Fusain sur papier, 2014

Il se produit au bout d’un moment un renversement car mes premiers gestes sont ceux qui ressortent à la fin. Le grattage apporte une forme de révélation et l’on peut s’apercevoir que le papier a été initialement couvert d’écriture. Le fait que le papier ait été gratté favorise aussi l’adhésion du fusain sur le papier. A force d’intervenir sur le papier en le grattant et le frottant, j’atteinds parfois ses limites en le traversant ou en le déchirant. Le papier devient une matière vivante.

Dans Sunset Strip, j’ai d’abord effectué un travail de dessin à plat avant de froisser la feuille et de redessiner dessus. Le fait de dessiner sur du papier froissé introduit une part d’aléatoire car je ne découvre le motif qu’une fois la feuille dépliée.

Dessiner sur du papier froissé que je déplie ensuite me permet de faire éclater l’inscription sur tout la surface avec ce geste impossible pour un graffeur de froisser son tag sur un mur. De manière tout à fait hasardeuse, il apparaît alors dans la forme éclatée d’autres termes comme R.I.P. ou Sun qui font écho à ce lieu mythique qui a perdu aujourd’hui de son caractère légendaire. »

Pour en savoir plus :

maxime-duveau.tumblr.com

galeriehoug.com

Visuels tous droits réservés Maxime Duveau

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