MAYA THINON, L’ATELIER D’UN.E AUTRE

MAYA THINON, L’ATELIER D’UN.E AUTRE

CHRONIQUE D’ATELIER / L’ATELIER D’UN.E AUTRE
PAR MAYA THINON

DANS LE CADRE DU COURS « DÉPLACEMENT » DE JEAN-PIERRE CASTEX ET PATRICK MELLET, ANNÉE 2020-2021, ISDAT TOULOUSE

Situation : Stage
Atelier : Léocadie Lehagre

L’atelier professionel.

Tout l’espace est dedié entièrment à sa fonction; création ou restauration de vitraux. Les outils sont entreposés dans des boites, des armoires ou sous les tables. Il y en a toujours un à portée de main, rarement celui qu’on cherche.

Les murs sont percés de fenêtres qui rendent l’espace très adapté au vitrail, bien que la pièce
était à l’origine, certainement, un garage ou une chambre.

L’atelier professionel se remplit d’odeurs. Au fil des jours on aquiert suffisament d’acuité pour les distinguer entre elles. Le plomb que l’on mouille pour diminuer sa toxicité me revient en mémoire dès que je pense à cet atelier.
Les sons quant à eux se succèdent et laissent les crissements de verre se superposer. Le plomb tombe au sol, presque régulièrement.
Au son du verre le.a professionel.le peut distinguer si la découpe est réussie ou non. Le travail manuel s’immisce dans chacun de nos sens. Le corps tout entier se met au service de la pratique.

Travaillant souvent seule Léocadie a tout de même pensé son atelier comme un espace à partager.

Comme c’est apaisant et curieux de travailler ailleurs que dans son atelier.
L’apaisement vient de la bienveillance à être accueilli dans l’intimité d’un atelier. Sortir de
sa tranquille habitude, se frotter les yeux pour regarder autrement, apprendre.
Et pourtant, il est curieux de constater qu’en plaçant les stylos comme à mon habitude, mon atelier semble se faire une place dans celui d’un.e autre. L’atelier, le mien, semble s’être caché au fond de ma poche prêt à surgir et à ronronner de tout son contentement.

Je me demande alors,
est-ce que chacun.e des quatre personnes qui partagent l’atelier de Léocadie l’arrange et le fait
sien pour un instant ?
L’atelier est-il un lieu ?
Ou bien est-ce quelque chose qui était au fond de ma poche ?

Si l’atelier d’appartement était un gros chat ronronnant et exigeant, alors l’atelier d’un.e autre
est une rivière au mois de mai. L’eau est fraîche mais quel bonheur ! La première baignade de la
saison ! Au bout de quelque temps, l’eau devient agréable. Il fallait le courage de jouer le jeu.