[ENTRETIEN] Martine Robin directrice du Château de Servières et porteuse du projet PARÉIDOLIE

[ENTRETIEN] Martine Robin directrice du Château de Servières et porteuse du projet PARÉIDOLIE

En accueillant le commissaire d’exposition, critique d’art et romancier, Paul Ardenne à la présidence du comité de sélection, l’équipe du Château de Servières a l’ambition de faire du salon du dessin marseillais, PARÉIDOLIE, un événement majeur et incontournable sur le plan national et international. Par la qualité de sa programmation et la variété de ses propositions, ce salon sait attirer des professionnels de l’art et des amateurs de dessin exigeants.
Pour la troisième année, PARÉIDOLIE ouvre une saison du dessin qui ne cesse de s’enrichir. De fin août à décembre, au Château de Servières, à Marseille mais aussi dans la région PACA, de multiples événements seront proposés au public dans des contextes très différents. En effet, galeries, musées et institutions sont parties prenantes de cette nouvelle saison du dessin et, pour notre plus grand plaisir, s’associent afin de nous montrer toute la richesse de ce médium.

Entretien avec Martine Robin, directrice du Château de Servières et Lydie Marchi directrice de Hydrib, réalisé le 07 mai 2016 :

Pouvez-vous nous présenter l’histoire du Château de Servières et le pont qu’il crée entre les territoires Nord de Marseille et l’art contemporain ?

Toute l’équipe de l’Association du Château de Servières travaille au soutien et à la diffusion de la création contemporaine depuis 1999. À l’origine, le Château de Servières est un centre social créé en 1988 dans les quartiers Nord de Marseille qui mène des projets culturels avec les populations. Il a été le premier centre social en France à accueillir une galerie et à faire de la médiation culturelle. L’idée était de pouvoir faire partager l’art contemporain au plus grand nombre car il est difficile, pour les personnes éloignées d’une offre culturelle, d’aller vers l’art contemporain alors que ceux qui sont aguerris se déplacent volontiers. L’idée était d’implanter dans les quartiers Nord, à proximité de tous ces publics empêchés, et de permettre en même temps à tous les autres de venir. De 1988 à 2007, habitants et professionnels de l’art se retrouvaient autour des expositions. En 2007, le centre a fermé ses portes et est devenu un temps nomade. La mairie, qui a toujours soutenu nos projets, nous a ensuite proposé de nous installer boulevard Boisson.

Quelles sont les missions que vous vous êtes fixées ?

L’association du Château de Servières a été une des première en France à travailler à la fois au soutien et à la diffusion de la jeune création et à faire tout un travail de médiation culturelle. Nous avons présenté au public les travaux de plus de 300 artistes. On nous considère souvent comme un tremplin à la jeune création car nous soutenons les artistes et les amenons à un certain professionnalisme en leur donnant les moyens de travailler à de nouvelles productions et en les accompagnant dans leurs projets. Certains artistes que nous avons suivi ont maintenant acquis une certaine reconnaissance.

Salon international du dessin contemporain - PARÉIDOLIE - Vue d'exposition 2015 - Jean-Christophe Lett ©
Salon international du dessin contemporain – PARÉIDOLIE – Vue d’exposition 2015 – Jean-Christophe Lett ©
L’association porte depuis plusieurs années le projet PARÉIDOLIE. Pourquoi s’intéresser spécifiquement à la pratique du dessin ?

L’approche du médium dessin est plus aisée pour tous les publics par son côté intimiste et par les techniques employées. Il favorise ainsi une première approche avec l’art contemporain. Nous nous sommes rendues compte, dans les diverses pratiques des artistes, que le dessin était omniprésent. Même les artistes qui ne présentent pas de dessins au public utilisent souvent ce médium dans la conception même de leurs œuvres. Nous voulions rendre visible le processus même de création.

Comment s’articule PARÉIDOLIE avec l’autre événement de la rentrée Marseillaise, Art-O-Rama ?

Nous voulions créer un événement dédié au dessin sachant qu’il y avait déjà Art-O-Rama, la foire d’art contemporain de Marseille. L’idée est que PARÉIDOLIE soit complémentaire à ce premier événement. Quand nous avons présenté le projet, nous avons immédiatement perçu un enthousiasme chez tous nos interlocuteurs. D’ailleurs, nous avons eu tous l’impression, en répondant à cette attente, que PARÉIDOLIE avait toujours existé !

Pouvez-vous nous dire un petit mot sur votre équipe ?

L’équipe du Château de Servières qui porte PARÉIDOLIE est très restreinte mais animée d’une grande ambition. Céline Ghisleri, notre régisseur Nicolas Ramel, et moi-même avons le soutien de personnes qui ont toujours été très investies dans le projet telles que Lydie Marchi, Michèle Sylvander et Françoise Aubert. Des stagiaires et des bénévoles nous apportent aussi une aide très précieuse.

Salon international du dessin contemporain - PARÉIDOLIE - Vue d'exposition 2015 - Jean-Christophe Lett ©
Salon international du dessin contemporain – PARÉIDOLIE – Vue d’exposition 2015 – Jean-Christophe Lett ©
Quelle est l’ambition de PARÉIDOLIE ?

Dès le lancement du salon, nous avons voulu une programmation nationale et internationale sans pour autant nous couper de notre territoire. Si le Château de Servières accueille à parité des galeries venant de toute l’Europe, une place de choix est faite à deux structures du territoire par le biais de cartes blanches. Plus encore, le salon du dessin rayonne sur tout le territoire marseillais avec des galeries partenaires, des musées et institutions qui présentent des travaux d’artistes liés au dessin. Notre volonté est que Marseille et le département tout entier soit à l’heure du dessin.

Pouvez-vous nous parler du comité et de la sélection 2016 ?

Nous sommes heureux que le commissaire d’exposition, critique d’art et romancier Paul Ardenne ait présidé le comité de sélection composé de commissaires, de galeristes, d’artistes et ait apporté sa vision du dessin aujourd’hui. Nous envisageons d’ailleurs avec lui une collaboration sur le long terme.

Le mot qui pourrait définir ce salon est pluralité. Plutôt que d’avoir une ligne directrice, nous préférons être ouvert à la diversité des pratiques tout en étant très exigeants dans nos choix.

L’espace du Château répond bien au caractère intimiste du dessin que l’on retrouve dans la foire et ce format d’un peu plus dizaine de galeries qui est la force de PARÉIDOLIE.

Quelles sont les particularités de cette édition 2016 ?

La première est tout d’abord une augmentation du nombre de galeries sélectionnées. Celles-ci, au nombre de 14, proposeront pour la plupart des duos d’artistes. La conception des espaces favorisera ce caractère intimiste et convivial nécessaire pour bien découvrir des œuvres dessinées. Nous aurons deux cartes blanches ainsi qu’un artiste coup de cœur sélectionné par le comité de pilotage du projet et un espace librairie.

Salon international du dessin contemporain - PARÉIDOLIE - Vue d'exposition 2015 - Jean-Christophe Lett ©
Salon international du dessin contemporain – PARÉIDOLIE – Vue d’exposition 2015 – Jean-Christophe Lett ©

Pour la deuxième année, nous avons au Château de Servières un espace dédié à la vidéo. L’année dernière la carte blanche a été donnée à Karima Célestin qui a travaillé sur le dessin animé. Léa Bismuth a l’intention cette année de prendre quelques libertés par rapport au dessin animé avec un projet curatorial appelé Brume. Elle nous proposera de découvrir les travaux de Hiraki Sawa au très beau Musée Grobet Labadié qui ouvrira exceptionnellement ses portes au public pour PARÉIDOLIE.

Nous avons le plaisir de présenter sur le plateau expérimental du Frac Paca des dessins de Cristof Yvoré, un peintre né à Marseille, décédé en 2013, qui a une renommée internationale. Cette exposition est une manière de voir l’utilisation du dessin à travers la pratique de la peinture. Ses dessins, qui ont été très peu montrés, ont une existence propre. L’exposition donnera un éclairage sur le travail de cet artiste et annoncera l’exposition qui lui sera consacrée en 2018 au Frac.

Il est important pour nous de travailler avec des structures associatives, des galeries et aussi avec les institutions de Marseille, musées et Frac. Cette année, sept galeries du réseau Marseille-expo feront des propositions autour du dessin. Nous pourrons proposer un circuit de visites dans la ville de Marseille qui permettra aux amateurs de découvrir des œuvres dans des contextes très différents.

Pour en savoir plus :
PARÉIDOLIE, Salon international du dessin contemporain samedi 27 et dimanche 28 août 2016, Château de Servières 19 Boulevard Boisson 13004 Marseille.

www.pareidolie.net

chateaudeservieres.org

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