PARIS – COTONOU – PARIS – GALERIE VALLOIS [PROJET CURATORIAL]

PARIS – COTONOU – PARIS – GALERIE VALLOIS [PROJET CURATORIAL]

« C’est une scène artistique absolument formidable qui a toujours été très intéressante. De l’histoire ancienne de l’art africain jusqu’à aujourd’hui, il y a une tradition des arts plastiques au Bénin qui est très forte. » Robert Vallois

La relation qu’entretient la Galerie Vallois avec les artistes africains notamment béninois, est avant tout, comme le rappelle Robert Vallois « une histoire de cœur ». Elle relève pourrait-on dire, par bien des aspects, du coup de foudre car elle est avant tout l’histoire d’une rencontre due « au plus pur des hasards ». Une aventure pérenne qui a commencé en 2012 et à laquelle la Galerie Vallois veut donner une nouvelle dimension en consacrant entièrement sa programmation 2017 à l’art béninois. Un ensemble d’événements regroupés sous le titre « Paris – Cotonou – Paris » pour lesquels, précise le galeriste, « il n’y a pas de ligne directrice, c’est un peu à l’africaine ».

Plus qu’un simple regard ou intérêt porté sur la scène béninoise, la Galerie Vallois s’engage véritablement à collaborer avec les artistes. « Paris – Cotonou – Paris » manifeste ce soutien au sein des trois espaces de la galerie (35 et 41 rue de Seine à Paris et New York), mais également sur le terrain en mettant en lumière les structures locales d’art contemporain. Grâce au mécénat de la Galerie Vallois et du collectif des Antiquaires de Saint-Germain-des-Prés, les artistes plasticiens béninois ont en effet la chance de disposer depuis maintenant cinq ans du Centre Arts et Cultures de Lobozounkpa. Un espace culturel sous la direction de l’artiste Dominique Zinkpè, où ateliers de création côtoient un vaste espace d’exposition consacré à l’art contemporain. Le Centre, volontairement ouvert sur la ville et ses habitants dispose également d’ateliers-résidences, d’une salle de cinéma et d’espaces dédiés à la musique. Il a donné un nouvel essor à la production d’œuvres dans un pays où les artistes, toujours dynamiques et désireux de créer, voient la possibilité de présenter leur travail tant dans des événements au Bénin qu’en France à la Galerie Vallois mais aussi au Grand Palais à l’occasion de Art Paris Art Fair, à l’AKAA et même à l’international comme à Cuba à la Casa Africa ou bien encore à New York.

« La Galerie Vallois met beaucoup d’énergie pour aider les artistes africains. C’est vraiment une chance pour nous, artistes africains, de présenter nos œuvres partout dans le monde. » Dominique Zinkpè

Déjà de nombreux artistes ont réussi par l’initiative de la Galerie Vallois et « leur envie insatiable de créer » à bénéficier d’une visibilité et d’une reconnaissance internationale. Le Centre a permis aussi de créer un fond d’œuvres d’artistes majeurs, d’initier la population à l’art contemporain et d’animer des ateliers pour les enfants qui manquent parfois de loisirs. Les artistes majoritairement autodidactes ont aussi l’opportunité d’aborder des médiums techniques comme la vidéo ou le multimédia. Il permet aussi de concentrer les énergies et ainsi de donner une meilleure visibilité à une scène désireuse de s’ouvrir au monde, aux nouvelles pratiques, aux autres praticiens de l’art contemporain, tout cela avec beaucoup de simplicité et une grande générosité.

Des échanges qui ont permis de faire naître depuis 2015 des collaborations très régulières et productives entre les artistes de la Galerie Vallois, et les artistes béninois, comme notamment entre Stéphane Pencréac’h, Bruce Clarke et Christelle Yaovi mais aussi King Houndekpinkou et Jean-Baptiste Janisset et plus récemment Nazanin Pouyandeh et Meschac Gaba.

L’action de la Galerie Vallois est essentielle car le Bénin manque de moyens comme l’a montré la pourtant qualitative mais éphémère Biennale d’art contemporain du Bénin qui n’a pas résisté au manque d’aide et de financement. Elle donne aux artistes qui n’ont pas d’institutions pour véritablement les soutenir comme en Europe les écoles d’art, « une forme de confiance en l’avenir ». Un centre d’art est aussi un lieu où peuvent se rencontrer et partager les savoirs et l’expérience du marché de l’art, entre artistes confirmés et émergents.

« Ces échanges forment de véritables passerelles entre nos cultures. Il y a une envie de la part des artistes béninois de donner toujours un plus grand rayonnement à leur art. » Robert Vallois 

Une énergie qu’il est parfois difficile même de contenir car si le Centre ne peut accueillir que deux artistes en même temps, il a été imaginé, pour répondre à l’afflux toujours grandissant des demandes, le projet Les Écoles de Lobozounkpa qui permet de réunir 30 artistes en même temps. Les artistes n’investissent pas uniquement le Centre mais tout le quartier, habitant et travaillant dans des maisons environnantes.

« Nous nous sommes rendus au centre culturel voir tous les artistes du projet et nous avons fait un choix par rapport à une quantité de propositions absolument extraordinaires. Je pense que, ce que l’on peut voir en ce moment ici, et ce que l’on a vu l’an dernier au Château de Tanlay, et ce que l’on verra à la Villa Arson peut donner quelques idées à des commissaires. » Robert Vallois 

Il manque encore à cette belle collaboration l’opportunité de bénéficier du soutien d’une grande institution française avec la création d’un événement majeur qui mette la scène béninoise à l’honneur d’autant plus qu’elle bénéficie d’un regard très favorable de la part des critiques d’art, des professionnels et du public. La réception est toujours très positive comme nous avons pu le remarquer notamment lors de la première édition de l’AKAA avec des artistes tels que Gérard Quenum ou Didier Viodé entre autres. L’idée de constituer une collection dans une grande institution avec l’appui de mécènes et de collectionneurs est aussi en germe. Étonnamment, la scène artistique béninoise est restée assez discrète par rapport à celles issues des autres pays africains. Heureusement pour les artistes et pour le public, la Galerie Vallois est devenue pour elle une ambassadrice privilégiée.

Texte initialement paru dans la revue Point contemporain #5 © Point contemporain 2017

 


Galerie Vallois

35 et 41 rue de Seine, 75006 Paris.

www.vallois.com

 

Dominique Zinkpè, Minuit 2, 2014. Acrylique, pastel gras sur toile, 150 x 150 cm. Courtesy Galerie Vallois.
Dominique Zinkpè, Minuit 2, 2014. Acrylique, pastel gras sur toile, 150 x 150 cm. Courtesy Galerie Vallois.

 

King Houndekpinkou, Gestation n°10, 2016.  Grès noirs / blanc, superposition d’émaux (rose, blanc et rouge), dorures, Ø 21 x h 50 cm. Courtesy Galerie Vallois.
King Houndekpinkou, Gestation n°10, 2016.
Grès noirs / blanc, superposition d’émaux (rose, blanc et rouge), dorures, Ø 21 x h 50 cm. Courtesy Galerie Vallois.

 

Gérard Quenum, Voyageur, 1999. Bois, métal et têtes de poupées, 115 x 87 x 11 cm. Courtesy Galerie Vallois
Gérard Quenum, Voyageur, 1999. Bois, métal et têtes de poupées, 115 x 87 x 11 cm. Courtesy Galerie Vallois

 

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