Rebekka Deubner, Des filles la mer et une grotte, Straat Galerie

Rebekka Deubner, Des filles la mer et une grotte, Straat Galerie

En direct de l’exposition Des filles la mer et une grotte de la photographe Rebekka Deubner.

Exposition : Des filles la mer et une grotte, exposition personnelle du 20 novembre 2015 (vernissage le 19) au 09 janvier 2016, Straat Galerie, 17 rue des Bergers, 13006 Marseille.

Artiste : Rebekka Deubner née en 1989 à Munich (Allemagne). Vit et Travaille à paris. Diplômée de l’Ecole des Gobelins Paris (2013).

De son séjour au japon à l’été 2014 dans la région de Fukushima, la photographe Rebekka Deubner a ramené plusieurs centaines de photographies qui ont alimenté deux projets complémentaires et caractéristiques de sa démarche artistique.
Le premier projet, qui lui a valu d’être sélectionnée pour participer au Festival ManifestO à Toulouse, porte une réflexion sur les notions de frontière et de limite et s’accompagne d’une approche intellectuelle soutenue par un propos et un questionnement sur la photographie contemporaine.
Le second projet, qui est à découvrir à la Straat Galerie de Marseille dans le cadre du festival de la Photographie de Marseille avec l’exposition Des filles la mer et une grotte, propose une série de photographies issues d’une approche plutôt instinctive dans laquelle se tissent naturellement une infinité de liens entre chaque image.

Rebekka Deubner, Des filles la mer une grotte, Courtesy Straat Galerie Marseille
Rebekka Deubner, Des filles la mer une grotte, Courtesy Straat Galerie Marseille

 

Propos de Rebekka Deubner recueillis le 11 novembre 2015 :

« L’exposition Des filles la mer et une grotte, est en quelque sorte le second volet du travail que j’ai réalisé à Fukushima. Les photographies sont issues de mon voyage au Japon mais dans une approche très différente de l’installation qui a été sélectionnée au Festival ManifestO où je présentais 20 images sur une construction en bois brut.
Le travail présenté à la Straat galerie est plus spontané, plus intuitif. Sur les 800 photos prises lors de mon séjour, j’ai choisi d’associer trois éléments récurrents, des portraits de jeunes filles, des images de mer et de grotte. Ces trois éléments entrent parfaitement en résonance par leur caractère narratif, mythologique et symbolique. La grotte peut évoquer le ventre maternel, la Caverne de Platon, un lieu sacré, le lieu dans lequel on se sent protégé parce que l’on y est à l’abri. Les jeunes filles représentent une forme de renaissance, mes images entrant aussi particulièrement en résonance avec le mythe fondateur de Amaterasu O mi kami, (Auguste Divinité qui illumine le ciel), divinité du panthéon shintoïste japonais. Elle se cacha dans une caverne pour échapper à la violence de son frère et plongea l’univers dans l’obscurité et le chaos jusqu’à ce qu’elle en ressorte.
Cette série suggère en filigrane la fertilité que symbolise la femme, la grotte où elle peut se retirer lors de la catastrophe, ce moment où le soleil disparaît avant de ressortir pour que la vie reprenne. Il y a pour moi une sorte de parcours initiatique pour ces jeunes filles qui passent du ventre maternel, de la caverne, à l’extérieur et à la vie.
Quand Rémi et Hannah m’ont proposé d’exposer à la Straat Galerie, j’ai su que j’allais montrer ce travail-là car je voulais le présenter proche de la mer de manière à ce qu’il y ait un écho avec la géographie de la Préfecture de Fukushima. C’est une série que j’espère sans lieu fixe, atemporelle.

Cette série s’organise sous forme d’une fable visuelle, où chaque élément a une portée symbolique.

Le spectateur est invité à suivre le cheminement des images composant une histoire cyclique mise en place par la présence d’éléments qui reviennent de manière récurrente. La notion de parcours est importante car je ne voulais pas d’un rapport uniquement frontal avec les images.
L’accrochage s’accompagne d’une vidéo réalisée avec Ruben Cohen diffusée dans des lunettes de réalité virtuelle qui propose un parcours dans une grotte fictive en image de synthèse. Le spectateur est ainsi immergé dans un espace imaginaire/imaginé dans lequel il peut déambuler tout en restant assis dans la galerie.
Pour accompagner les images, j’ai également choisi de présenter un kimono que j’ai ramené du Japon représentant les masques du Nô. C’est un élément à la fois très féminin et métaphorique car dans le théâtre du Nô, lorsque les acteurs revêtent leur masque, ils quittent leur propre personnalité pour devenir l’incarnation d’un symbole.

Pour accompagner cette série d’images, j’ai également réalisé une collaboration avec Camille Richert qui a écrit un texte à partir des images présentées : une fable, qui serait une interprétation possible des images.

Complètement dépaysée par le paysage, les gens, la langue, j’ai eu besoin de me raccrocher à des choses que je connaissais déjà. Il en résulte tous ces portraits de jeunes filles qui renvoient à ma propre image et ces éléments auxquels je peux m’identifier. La grotte, un sujet récurrent dans mon travail, était par exemple une façon de retrouver des habitudes visuelles dans un endroit qui m’était étranger.

Cette exposition me permet de clore ce premier projet autour du Japon avant d’y retourner. »

Rebekka Deubner, Des filles la mer une grotte, Courtesy Straat Galerie Marseille
Rebekka Deubner, Des filles la mer et une grotte, Courtesy Straat Galerie Marseille
Rebekka Deubner, Des filles la mer une grotte, Courtesy Straat Galerie Marseille
Rebekka Deubner, Des filles la mer et une grotte, Courtesy Straat Galerie Marseille
Rebekka Deubner, Des filles la mer une grotte, Courtesy Straat Galerie Marseille
Rebekka Deubner, Des filles la mer et une grotte, Courtesy Straat Galerie Marseille
Rebekka Deubner, Des filles la mer une grotte, Courtesy Straat Galerie Marseille
Rebekka Deubner, Des filles la mer et une grotte, Courtesy Straat Galerie Marseille

 

Pour en savoir plus :
straatgalerie.com
rebekkadeubner.com

laphotographie-marseille.com

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