[EN DIRECT] Retour de Biennale Méditerranéa 17 au château de Servières Marseille

[EN DIRECT] Retour de Biennale Méditerranéa 17 au château de Servières Marseille

En direct de l’exposition Retour de Biennale Méditerranéa 17 au Château de Servières du 5 mai au 2 juillet 2016 dans le cadre du Printemps de l’Art Contemporain à Marseille.

Artistes : Vincent Ceraudo, François-Xavier Guiberteau, André Guiboux, Fanny Jullian, Emanuela Meloni, Elsa Mingot, Sati Mougard, Samuel Payet, Floryan Varennes.

 

Dans une volonté de promotion de la jeune création, la Biennale réunit tous les deux ans pendant dix jours environ 600 artistes de moins de trente ans venant de tout le bassin méditerranéen et représentant huit disciplines artistiques. Depuis 2008, le Château de Servières accueille l’exposition Retour de Biennale, présentant ainsi la sélection française. En octobre dernier, neuf artistes partaient pour Milan afin de confronter leur travail à la scène internationale. Ils en reviennent chargés de nouveaux projets, enrichis de nouvelles visions développées durant cette expérience. L’exposition visible jusqu’au 2 juillet propose ainsi de découvrir les nouvelles œuvres qu’ils ont produites pour l’occasion.

Si l’ensemble des travaux est résolument pertinent, tant dans leur esthétique que dans leurs propos, qui d’ailleurs souvent se répondent et créent des vases communicants mis en valeur par la justesse de la scénographie, nous proposerons un focus sur deux artistes : Floryan Varennes et François-Xavier Guiberteau.

Retour de Biennale Méditerranéa 17 - Château de Servières - Floryan Varennes, série « Hiérarques », 2016
Floryan Varennes, série « Hiérarques », 2016
Floryan Varennes, « Dyade ». Cols Blancs, épingles, accroches murales en aluminium, diamètre 30 cm, 2016.
Floryan Varennes, « Dyade ». Cols Blancs, épingles, accroches murales en aluminium, diamètre 30 cm, 2016.

 

Floryan Varennes, « Nimbe ». Col de chemise, fil à coudre. diamètre 45, hauteur variable, 2015
Floryan Varennes, « Nimbe ». Col de chemise, fil à coudre. diamètre 45, hauteur variable, 2015

Le travail de Floryan Varennes ouvre le parcours, questionnant les notions d’identité, de sexualité, ainsi que la sociologie du vêtement. La rigueur et le mécanisme de répétition de la série Hiérarques, composée de cols de vestes d’hommes espacées de manière très régulière, renvoie à l’idée d’une hiérarchie, d’une uniformité accablante. Le col devient un motif, qui n’est pas sans rappeler la pointe, la flèche qui prête au vêtement, de base inoffensif, une certaine cruauté ou agressivité. De cette série se dégage une beauté née de l’ordre et du motif, mais aussi une pesanteur, une absence des corps dont il ne subsiste que l’apparat.

Une symbolique du vêtement renforcée par une pièce intitulée Dyade. Augmentés d’une couronne d’épingles si dense et brillante qu’elle s’apparenterait à un ornement, ces cols blancs à dents longue s’inscrivent entre austérité et rutilance, accusant là aussi le vêtement du poids de sa symbolique, de son rôle identitaire, de sa dimension conventionnelle.

Jonglant encore avec les archétypes et les métaphores, la pièce Nimbe en fil à coudre et col de chemise évidé lévite à 20 cm au-dessus du sol et fascine par sa délicatesse, son apparente fragilité ou innocence. Pourtant, faisant clairement référence à l’instrument de mise à mort qu’est la guillotine, elle sonne le glas, rendant encore plus évidente cette idée d’absence.

Vue de l’exposition avec les œuvres de Sati Mougard
Vue de l’exposition avec les œuvres de Sati Mougard

 

Poursuivant le parcours, le travail d’Elsa Mingot entre en résonnance avec celui de Floryan Varennes. On y retrouve l’utilisation du motif, du tissu, et la thématique de la mort, de la disparition. Travaillant sur les rites funéraires qu’elle souhaite rendre moins douloureux, l’artiste nous renvoie à d’autres façons d’accompagner cette transition.

Si aucune thématique n’a été imposée, des questionnements communs se dessinent donc au fur et à mesure de l’exposition, souvent ontologiques.
Ainsi Sati Mougard tente également par ses sculptures de lutter contre la condition de l’objet et ses propriétés. Des poumons de verres placés au creux d’une souche d’arbre manifestent un combat qui vise à dépasser les éléments ; ici, les matières se mêlent et se nourrissent.

Il est question aussi, dans le travail de François-Xavier Guiberteau, de jeux de matières, de médiums, mais aussi d’austérité.
Partant d’une photo ou d’une vidéo, l’artiste capture une texture organique, en l’occurrence des graviers du Jardin du Luxembourg à Paris, qu’il retranscrit par la suite à l’identique en béton, se jouant de la perception du visiteur, et figeant ainsi la matière dans un simulacre de la réalité.
La même sculpture, semblable à une plaque mortuaire, est répétée dans un dégradé de gris qui invoque une certaine linéarité, une progression qui se serait finalement arrêtée.
Poussant le concept, François-Xavier Guiberteau est allé jusqu’à paralyser de la même manière les instruments qui lui ont permis de photographier ces textures. Ainsi, quatre smartphones pris dans du ciment et présentés telles des reliques, se retrouvent privés de toute fonctionnalité, passant du statut d’outil à celui d’objet, d’œuvre d’art.

©François-Xavier Guiberteau
©François-Xavier Guiberteau

 

©François-Xavier Guiberteau
©François-Xavier Guiberteau

 

Texte par Emmanuelle Oddo.

Pour en savoir plus :

chateaudeservieres.org

marseilleexpos.com

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