[FOCUS] Samara Scott

[FOCUS] Samara Scott

Focus sur les productions de Samara Scott présentées lors de l’exposition annuelle de la résidence d’artistes Moly-Sabata à Sablons.

Exposition : Raffineries, exposition collective du 19 septembre au 25 octobre 2015, Moly-Sabata, Résidence d’artistes de la fondation Albert Gleizes, 1, rue Moly-Sabata, 38550 Sablons.

Artiste : Samara Scott, né en 1984, vit et travaille à Londres.

Invitée pour une résidence artistique à Moly-Sabata, l’artiste britannique Samara Scott, décrite comme étant d’une « nature sauvage », a su par son immersion dans le territoire roussillonnais s’imprégner de son paysage, y chercher son caractère encore préservé et sa force écologique. Un état « sauvage » qui transparaît dans les productions que l’artiste a réalisées in situ.

C’est sur les berges du Rhône, entre Sablons et Lyon, que l’artiste britanique a ressenti la vitalité du Pays Roussillonnais marquée par l’écoulement du fleuve et par son site pétrochimique et ses importants complexes industriels. Joël Riff nous a rapporté que, tout le temps de sa résidence, Samara Scott a parcouru le territoire et a même plongé tous les jours dans les eaux du fleuve. Cette inscription même du corps de l’artiste dans le paysage entourant Moly-Sabata est important pour saisir la volonté de l’artiste d’incorporer dans ses œuvres et installations des éléments de nature comme la boue du fleuve ou des graines prélevées sur ses rives.

Samara Scott reprend le geste séculaire de la récolte, intègre des éléments naturels dans des œuvres où se côtoient billes de polystyrène et graines alimentaires. Elle créé ainsi une sorte de nouvel état de la nature axé non plus sur la transformation, l’assimilation et la régénèrescence mais sur un vocabulaire industriel de la rétention, de la décantation.
Une matière minérale et organique, qui contient des germes de vie dont elle évoque la corruption par les fluides issus des raffinages pétroliers. Nous montre comment sa force de régénération se trouve paralysée. Les éléments végétaux sont teintés par la peinture. Elle a ainsi conçu de grands bassins où elle exprime le déversement de produits pétroliers dans les rivières, rend compte de leur impossible de l’assimilation par la nature. Elle crée un paysage hybride où les fluides se côtoient, où les corps restant étrangers forment des amalgames.

Une esthétique magnétique s’en dégage. L’eau chargée d’hydrocarbures, devient une forme de pâte multicolore, à la couleur des friandises. Samara Scott nous restitue toute la féerie des usines illuminées qui se reflètent la nuit sur les eaux du fleuve. Elle fait de cette pollution un conte féerique, à la fois joyeux, attirant, presque sexuel, une trash fantaisy où se trouve intimement mêlé l’ordure, le pollué et le merveilleux.

Visuels tous droits réservés : courtoisie de l’artiste et de la galerie The sunday painter – Production Moly-Sabata / Fondation Albert Gleizes

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