Sylvain Ciavaldini, Nos belles différences, Galerie Porte Avion Marseille [EN DIRECT DE L’EXPOSITION]

Sylvain Ciavaldini, Nos belles différences, Galerie Porte Avion Marseille [EN DIRECT DE L’EXPOSITION]

En insérant dans des environnements très différents, des formes « réfléchies », Sylvain Ciavaldini questionne la place de l’oeuvre d’art dans des espaces de vie ou industriels qui ne sont pas destinés à la recevoir. Qu’elle se manifeste par une présence ou par une absence, l’oeuvre renouvelle complètement le lieu qui l’accueille, en brouille la définition « en jouant sur les différents degrés de visibilité de l’image ». Elle crée une tension qui sollicite tous les éléments, les couleurs ou les lignes qui le composent. Un travail sur la redéfinition de l’espace qui a commencé par un questionnement des formes issues de l’esprit qui se manifestent dans les représentations artistiques. Sylvain Ciavaldini procède par un travail de catégorisation des formes, géométriques, organiques ou magmatiques, qu’il poursuit en étudiant les relations entre le corps et l’espace dans lequel il s’inscrit.

Une relation dont l’artiste a pris conscience, nous dit-il, lors d’un voyage à Angkor où il a découvert les banians, ces arbres qui surgissent des murs des temples et dont les ramifications prennent appui sur les formes architecturales.

« Ces arbres sont une jolie métaphore de l’artiste qui se nourrit de ce qu’il y a autour de lui et qu’il finit par englober ». Sylvain Ciavaldini

Le questionnement suscité par leur présence est comparable à celui du monolithe de Kubrick, dont on ne connaît pas la provenance et dont « on ne sait pas trop ce que ça va être ou ce que ça a été ». En représentant dans ses dernières peintures des formes qui s’immiscent dans des architectures abandonnées, Sylvain Ciavaldini fait persister un dialogue essentiel entre « l’inné et le réfléchi ». Les formes de Sylvain Ciavaldini posent, de manière très concrète, par une « présence  physique » très sculpturale, proche de la troisième dimension, les questionnements portés par toute oeuvre d’art : sacralité, pérennité, fonction, et surtout ceux qui, par un effet de contamination, redéfinissent la position de l’espace qui les présente. Un déplacement dans le statut qui est inhérent à la fonction même de l’oeuvre, qui est de détourner la lecture de l’image. Et si l’intention première pour un artiste est de créer du sens, il y a aussi cette envie de perdre le fil rationnel qui alimente sa pensée pour l’ouvrir à un inconnu, se laisser lui-même surprendre pour multiplier les potentialités narratives de cette présence. Une volonté qui se manifeste ici de manière inédite avec un travail de dessins à quatre mains avec Katia Bourdarel.

Texte Point contemporain © 2017

 

Infos pratiques

Sylvain Ciavaldini, Nos belles différences
Du 25 août au 14 octobre 2017

Exposition dans le cadre de la Saison du dessin initiée par Pareidolie, Salon International du Dessin Contemporain.

Galerie Porte Avion
96 bd de la libération 13004 Marseille
www.galerieporteavion.org

 


Sylvain Ciavaldini

Né en 1970 à Marseille.
Vit et travaille à Paris et Degagnac.

 

Les signes du temps 1 2016 Encre et gouache sur papier, 55 x 75 cm
Les signes du temps 1 2016. Encre et gouache sur papier, 55 x 75 cm

 

Katia Bourdarel et Sylvain Ciavaldini.2017
Katia Bourdarel et Sylvain Ciavaldini. 2017

 

Visuel de présentation : Les calculs hermétiques 22014. Encre et gouache sur papier, 65 x 110 cm.

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