[FOCUS] Thibault Zambeaux, Lands

[FOCUS] Thibault Zambeaux, Lands

Focus sur la série Lands de Thibault Zambeaux.

Artiste : Thibault Zambeaux, Né en 1988, vit et travaille à Paris.

Oeuvre : série Lands, 2015. Cire, pigments, métal, lumière. H. 70cm x l. 70cm x L. 2cm.

Avec Riverside (2013) ou Archilense (2014), des sculptures composées de lentilles et de loupes, Thibault Zambeaux s’amusait déjà du panorama paysager en le fragmentant, le diminuant, le grossissant et même le renversant.
Un travail sur la perception du territoire que Thibault Zambeaux poursuit à travers plusieurs séries et développe particulièrement avec Lands, une recherche à la fois esthétique et symbolique sur le cercle, le planisphère qui ouvre à de multiples interprétations. Une démarche que l’on pourrait qualifier de scientifique tant l’étude des propriétés physiques de la matière, du rapport à l’équilibre, à la rotation des éléments sur terre et dans l’espace et des représentations micro et macroscopiques du monde, prennent une place importante.

Propos de Thibault Zambeaux recueillis le 29 mars 2016 suite à notre rencontre lors de l’exposition Parages proposée par Thomas Havet porteur du projet d’exposition Double séjour :

« La série Lands est le fruit de beaucoup d’expérimentation. Le processus de fabrication est assez long et nécessite toute une « cuisine ». Les œuvres sont réalisées avec de la cire que je fais chauffer au bain-marie et que je coule à l’intérieur d’une forme cintrée en bois posée à plat. Alors que la cire est encore liquide, je dépose des pigments qui se diffusent de manière aléatoire à l’intérieur. J’essaie de contrôler le processus qui dure moins de une minute, le temps que la cire se solidifie et fige les pigments dans la matière. La cire étant translucide, elle a la propriété de devenir très lisse et de laisser passer la lumière.
Les pigments se répartissent de manière aléatoire faisant que chaque pièce est unique. En soufflant sur les pigments avant que la cire ne les fige, je fais en sorte de rajouter de la matière à certains endroits ou des transparences en réduisant le nombre de pigment et l’épaisseur de la couche de cire.

La cire a la particularité de laisser le pigment intact. Il n’y a pas de métamorphose ou de transformation car il ne se mélange pas et reste à la surface. Toutefois chaque pigment ou élément chimique que je vais mettre dans la cire réagit différemment et crée un motif toujours différent. Certaines pièces paraissent plus organiques tandis que d’autres ont un aspect plus cellulaires, presque cutanées. Lors de mes premiers tests, sur de toutes petites pièces, j’utilisais une épaisseur de cire plus importante qui donnait plus de relief à l’étendue. L’aspect change en fonction de la manière dont je souffle et de la répartition des pigments. Quand la matière est dense, la lumière se diffuse moins et la surface s’assombrit par endroits. Une épaisseur très fine donne une plus grande richesse de motifs.

Mon travail a toujours été en lien avec le paysage et les phénomènes naturels. Je faisais des installations souvent éphémères qui invitaient le passant à regarder le paysage à travers des lentilles.

Quand j’ai expérimenté la cire, je me suis rendu compte que ce matériau avait une vraie richesse. Je pouvais le travailler à plat ou en le moulant et lui donner des formes qui me rappelaient des vues satellites, des territoires accidentés avec des cratères. Les œuvres sont installées suspendues, de manière verticale, et chacun les interprète de la manière qu’il le souhaite. La série s’appelle Lands ce qui en donne une certaine lecture mais il est possible d’y voir un hublot, un planisphère, ou un pétri de microbiologie. Les pièces, par les particules, renvoient aussi à l’esthétique des galaxies. Il y a ce rapport au regard, à l’infiniment grand et l’infiniment petit.

La série évolue en fonction de ma maîtrise technique mais j’ai la volonté aussi de faire peu à peu disparaître le cadre en bois pour créer de nouvelles formes. En élargissant le contour, je pourrais y placer une source lumineuse non plus centrale mais composée de rubans de leds répartis à l’arrière de la pièce afin de rendre active la lumière sur chaque parcelle de la surface. »

Pour en savoir plus :

Lands

[FOCUS] Thibault Zambeaux, Lands
Notez cet article



English English French French Italian Italian