Who’s afraid of wild ? Hommage à Gilles Aillaud, Galerie Detais

Who’s afraid of wild ? Hommage à Gilles Aillaud, Galerie Detais

En direct de l’exposition Who’s afraid of wild ? Hommage à Gilles Aillaud sous le commissariat de Frédéric Léglise du 12 au 30 avril 2016 réunissant les oeuvres de Gilles Aillaud, Pascal Bernier, Anne Brenner, Louis Cane, Vincent Corpet, Caroline Ebin, Ayako David Kawauchi, Fanny Delhaye, Vanessa Fanuele, Hervé Ic, Frédéric Léglise, Thomas Lévy-Lasne, Antoinette Ohannessian, Simon Pasieka, Nazanin Pouyandeh, Fabio Rieti, Arnaud Rochard, Lionel Sabatté et Jojo Wang, Galerie Detais, 10 rue Notre-Dame de Lorette 75009 Paris.

 

Sabine Bayasli a invité l’artiste et commissaire Frédéric Léglise à présenter dans sa galerie du IXème arrondissement un hommage à Gilles Aillaud. Une invitation qui fait référence à l’histoire même de la galerie liée à la figure de Georges Detais, peintre figuratif qui a soutenu, lorsqu’il a repris la galerie à la fin des années 70, les figures majeures de la figuration dont le peintre Gilles Aillaud.
Intitulée Who’s afraid of wild ?, un titre désormais signature pour Frédéric Léglise qui, après Who’s afraid of picture ? présenté à Grenoble et Perpignan, offre au public l’opportunité au public de découvrir toute la richesse de la scène picturale française. Si l’exposition répond aux thématiques abordées par Gilles Aillaud tout au long de sa carrière, elle met également en valeur, en réunissant des artistes aux pratiques très diverses, toutes les techniques abordées par cet artiste qui pratiquait tout aussi bien le dessin, la peinture, l’aquarelle que la gravure. Une exposition qui nous montre à quel point son héritage est présent dans la peinture contemporaine.

Propos de Frédéric Léglise recueillis le 12 avril 2016 à la galerie Detais :

« Le point de départ de cette exposition est une invitation de la directrice de la galerie Detais à exposer pour Tomber des nus en juin 2015. Puis, voyant que j’avais réalisé plusieurs expositions sur la peinture, tout d’abord à Grenoble à l’École des Beaux-Arts puis au centre d’art À Cent Mètres du centre du monde, elle m’a contacté pour réunir des artistes représentant le courant actuel de la peinture en France afin de monter une exposition autour de la peinture de Gilles Aillaud. Un hommage entrant en résonance avec celui organisé l’année passée par le Musée des Beaux-Arts de Rennes célébrant le dixième anniversaire de la mort de l’artiste.

Arnaud Rochard, Hervé Ic, Who's afraid of Wild ? Hommage à Gilles Aillaud, Galerie Detais.
Arnaud Rochard, Hervé Ic, Who’s afraid of Wild ? Hommage à Gilles Aillaud, Galerie Detais.

Gilles Aillaud est un des rares peintres à avoir tenu vivante la peinture en France à un moment où il y a eu un abandon de ce médium au profit d’approches plus conceptuelles tout en réalisant des peintures de paysage ou animalière, thématiques peu commerciale à une époque où la peinture était souvent engagée politiquement et sociologiquement comme par exemple celle d’Arroyo. Gilles Aillaud avait quant à lui une approche très picturale. Sa peinture est une de celle qui vieillit le mieux. Elle est même très contemporaine au point que la toile présentée dans l’exposition, pourtant datée de 1965, paraît avoir été peinte hier. Je me suis rendu compte en montant l’exposition combien son héritage était important dans la jeune peinture.

Lionel Sabatté, Who's afraid of Wild ? Hommage à Gilles Aillaud, Galerie Detais.
Lionel Sabatté, Who’s afraid of Wild ? Hommage à Gilles Aillaud, Galerie Detais.

L’organisation a été extrêmement précipitée car j’ai eu moins de deux mois pour contacter l’ensemble des 17 artistes invités et réunir les œuvres. Un délai qui m’a obligé à faire des choix rapides mais dans lesquels j’ai aussi voulu de la fantaisie comme en témoignent la vidéo d’Antoinette Ohannessian, les papillons militarisés de Pascal Bernier ou les chiens de Fanny Delhaye. Sabine a pensé à moi parce que mon travail est lui-même figuratif et que par mes récents commissariats j’avais une bonne vision de ce que peut être la peinture figurative actuelle et les talents émergents qui la nourrissent. J’ai fait appel à des artistes que j’avais invités à Grenoble et Perpignan comme Lionel Sabatté, Simon Pasieka ou Nazanin Pouyandeh, des artistes qui ont une actualité très riche et dont la notoriété prend une belle ampleur, mais aussi des figures déjà plus installées comme Louis Cane et Vincent Corpet dont les œuvres font partie de fonds nationaux tels que le Centre Pompidou.

Vanessa Fanuele, Who's afraid of Wild ? Hommage à Gilles Aillaud, Galerie Detais.
Vanessa Fanuele, Who’s afraid of Wild ? Hommage à Gilles Aillaud, Galerie Detais.

Pour cette exposition, j’ai essayé de composer un ensemble d’œuvres assez hétéroclite afin qu’il y ait une certaine liberté autour des thèmes de Gilles Aillaud tout en ayant pris soin de respecter les thématiques omniprésentes dans son travail que sont les animaux et les paysages. Ainsi Fabio Rieti présente une mosaïque représentant un gorille, Vanessa Fanuele expose plusieurs peintures très mystérieuses et intimistes de biches et Arnaud Rochard des compositions très denses, détaillées où le regard fouille la complexité des motifs. J’ai laissé venir les artistes assez librement autour de cette thématique en leur demandant s’ils voulaient présenter de nouvelles pièces ou déjà existantes. Thomas Lévy-Lasne a ainsi réalisé spécifiquement pour l’exposition une huile sur toile représentant un âne, un motif qu’il voulait faire depuis longtemps déjà.

Gilles Aillaud et Thomas Lévy-Lasne, Who's afraid of Wild ? Hommage à Gilles Aillaud, Galerie Detais.
Gilles Aillaud et Thomas Lévy-Lasne, Who’s afraid of Wild ? Hommage à Gilles Aillaud, Galerie Detais.

Je ne voulais pas que les œuvres présentées soient une interprétation du travail de Gilles Aillaud, ni un hommage trop littéral, mais qu’elles viennent plutôt rejoindre ses thématiques. Ainsi j’ai demandé aux artistes des pièces en lien avec l’animal sans en limiter les déclinaisons. Caroline Ebin a composé un rhinocéros selon ce dispositif caractéristique de son travail consistant à assembler des dessins en laissant une distance entre-eux et que l’on avait découvert au Salon de Montrouge.

Nazanin Pouyandeh, Caroline Ebin, Who's afraid of Wild ? Hommage à Gilles Aillaud, Galerie Detais.
Nazanin Pouyandeh, Caroline Ebin, Who’s afraid of Wild ? Hommage à Gilles Aillaud, Galerie Detais.

Le « sauvage » répond à l’aspect instinctif de la peinture. Il y a dans ce médium, à la différence de l’art conceptuel, une dimension spontanée qui fonctionne beaucoup dans l’instant, un geste en entraînant un autre. C’est Francis Bacon qui parlait de l’instinct du peintre. Il y a aussi cette liberté dans le sujet, cette manière de rebondir sauvagement, comme le ferait un animal dans la forêt, d’un geste à l’autre. Une sauvagerie sur laquelle j’ai pu jouer avec les artistes notamment avec les dessins au fusain de chatons de Ayako David Kawauchi, les portraits de chiens de Fanny Delhaye et Anne Brenner ou encore les moineaux d’Hervé Ic, mais aussi dans une dimension plus érotique des dessins à l’encre de chine de Jojo Wang ou les miens. Une sauvagerie qui répond aussi à la mise en place même de l’exposition qui a été pour moi, en un laps de temps aussi court, et c’est aussi ce qui m’a intéressé, un véritable défi. »

Frédéric Léglise, Who's afraid of Wild ? Hommage à Gilles Aillaud, Galerie Detais.
Frédéric Léglise, Who’s afraid of Wild ? Hommage à Gilles Aillaud, Galerie Detais.

 

Plus d’informations :

http://galeriedetais.fr

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