[BAD#01] — Nazdravlje!

[BAD#01] — Nazdravlje!

En direct du lancement de [BAD#01] — Nazdravlje! un projet d’édition, de production et d’exposition porté par Aurélie Faure, Léo Marin et Ivan Đapić du 16 avril au 7 mai 2016, Under Construction Gallery, 6 Passage des Gravillers 75003 Paris.

Artistes : Alon [ALexandrine leclère et julie fruchON], Marielle Chabal, Aurélie Ferruel & Florentine Guédon, Robin Lopvet, Gwendoline Perrigueux, Emilie Schalck, Rebecca Topakian.
Avec la participation de Bérénice Lefebvre (conception du coffret et scénographie de l’exposition), Lisa Pagès (design graphique) et Radmila Jovandić Đapić (atelier d’impression, de gravure et d’aquatinte).
Equipe rédactionnelle : Claude Lévêque, Etaïnn Zwer, Marion Delage de Luget, Pedro Morais, Julie Crenn, Fabien Vallos, Alain Berland, Loïc Diaz Ronda et Jacob Aue Sobol.

 

Nazdravlje! C’est dans un esprit de partage et d’enthousiasme que toute l’équipe de Born And Die (BAD) a lancé son deuxième opus à la Under Construction Gallery. Un numéro de près de 200 pages autour du thème de la fête et pour lequel l’équipe de Born And Die est allée à la rencontre et à la découverte d’artistes dont les travaux évoquaient ce thème. Séduits par l’énergie d’Aurélie Faure, Léo Marin et Ivan Đapić, ces artistes ont appris à se connaître et ont, à les entendre témoigner, partagé un moment de création intense et convivial, un véritable moment de fête. Accompagné d’un coffret contenant une édition limitée de chacun des artistes invités, ce dernier opus compte de nombreux textes et entretiens.

Une aventure collective à laquelle a participé l’artiste Radmila Jovandić Đapić, qui a été « vraiment enchantée de voir des jeunes très enthousiastes » dans son atelier. Sur les conseils d’Ivan Đapić qui a fait un parallèle entre ses travaux et ceux de Bérénice Lefebvre, et qui a pensé à l’importance de la transmission des savoir-faire, Radmila Jovandić Đapić a reçu dans son atelier la jeune artiste pour qu’elle y conçoive les coffrets imprimés en gravure monotype, à l’encre graphite, appelés Slide Box.

« J’ai dessiné un coffret sur mesure et tous les modèles en bois de présentation destinés au lancement de la revue. Lors du lancement du [BAD#00]— Chantier{s} à la galerie Eric Mouchet début 2015, j’avais trouvé qu’il manquait un écrin pour accueillir les éditions des artistes. J’ai donc eu l’idée des modules (pour transporter, manipuler, présenter, les livres et les coffrets) lorsque nous avons invités l’équipe de BAD à présenter [BAD#00] à Garden Parking, un événement dédié à l’édition et au print en juin 2015 Chez Kit. Je voulais que le coffret soit lui-aussi un objet précieux. Il est composé de deux entités qui s’assemblent et permettent justement de renfermer tous les multiples. Chaque Slide Box  est une pièce unique car ce sont des monotypes. » Bérénice Lefebvre.

Slide Box, 2016 monotype, graphite sur papier albâtre naturel recyclé, 455 g.27 x 18 x 18 cm éd. 25 ex. + 4 E.A.
Slide Box, 2016 monotype, graphite sur papier albâtre naturel recyclé, 455 g. 27 x 18 x 18 cm éd. 25 ex. + 4 E.A.

Le graphisme de la revue a été réalisé par Lisa Pagès : « Je suis actuellement en 4ème année de design graphique à la HEAR Strasbourg. J’ai opté pour un concept assez léger, qui respire, car j’aime les présentations épurées. Je voulais qu’on reconnaisse l’idée de fête avec pour contrainte la volonté de garder une certaine homogénéité graphique avec le premier opus, les mêmes transitions, le même rythme. J’ai apprécié travailler avec les artistes car ils m’ont fourni une belle matière, très homogène et avec l’équipe de BAD car ils m’ont laissé carte blanche. Il y a eu une belle énergie et un esprit collectif qui a animé du début à la fin tout le projet. »

« Il nous a été proposé de travailler avec un auteur. L’idée n’était pas de plaquer un texte sur mon travail mais de faire une proposition active à un auteur. C’est un texte expérimental. Le multiple est aussi une façon d’activer la lecture. » Emilie Schalck.

Emilie Schalck I WANT YOU SO BAD, 2016papier velours bleu lettrage découpe numérique avec corde dorée.180 x 10 cm étendue / 10 x 11 cm pliée éd. 25 ex. + 4 E.A.production Born And Die
Emilie Schalck I WANT YOU SO BAD, 2016. Papier velours bleu lettrage découpe numérique avec corde dorée.180 x 10 cm étendue / 10 x 11 cm pliée éd. 25 ex. + 4 E.A.production Born And Die

« Je propose le multiple « abus d’excès » qui est composé d’une paille en inox et métal que j’ai conçu avec Kevin Voirin qui est designer en métal au Hangar de La Briche, à Saint Denis. Cette invitation a été l’occasion d’entreprendre un travail différent car je réalise habituellement des pièces uniques. Cette aventure m’a forcée à penser différemment l’œuvre d’art. J’ai dû adapter la fabrication à cette contrainte, répondre à d’autres mécanismes, d’autres expériences. L’aventure a été à la fois riche et intense d’autant plus qu’Aurélie et Léo ont invité Alain Berland à écrire sur mon projet. » Gwendoline Perrigueux.

Gwendoline PerrigueuxAbus d'excès, 2016paille inox, acier et paillettes 22 x 8,5 x 6,5cm éd. 25 ex. production Born And Die & Gwendoline Perrigueux, en collaboration avec Kévin Voirin de l'atelier du Hangar à la Briche, Saint Denis
Gwendoline Perrigueux, Abus d’excès, 2016. Paille inox, acier et paillettes 22 x 8,5 x 6,5cm éd. 25 ex. production Born And Die & Gwendoline Perrigueux, en collaboration avec Kévin Voirin de l’atelier du Hangar à la Briche, Saint Denis.

« Notre pratique porte plutôt sur la réalisation de projets et de performances culinaires. Pour répondre à l’invitation, nous avons pensé à réaliser un multiple avec une pièce qui ne serait pas comestible mais qui interrogerait plutôt ce qu’il reste en nous après avoir ingéré un aliment : une force, une pensée magique. En même temps nous voulions que cet objet réponde à la thématique de la fête, qu’il soit lié à la prise de drogue et aux risques qu’elle induit. Nous avons fait une amulette à laquelle nous avons appliqué des protocoles alimentaires et culinaires et qui est placée sur un tapis des pouvoirs. Il y a dans cette pièce à la fois de l’humour et un peu de superstition. Nous avons demandé à Marion Delage de Luget, qui a un regard très éloigné du design ou des performances culinaires, d’écrire notre texte. » Alon [ALexandrine leclère et julie fruchON]

Alon, YSYTS, 2016céramique émaillée, tissu et papier sérigraphié 7 x 3,5 x 3 cm / 29 x 29 cm / 28 x 40 cm plié : 10 x 10 x 3 cm éd. 25 ex. + 4 E.A. production Born And Die, cuisson chez Paul Coudamy.
Alon, YSYTS, 2016. Céramique émaillée, tissu et papier sérigraphié 7 x 3,5 x 3 cm / 29 x 29 cm / 28 x 40 cm plié : 10 x 10 x 3 cm éd. 25 ex. + 4 E.A. production Born And Die, cuisson chez Paul Coudamy.

« J’ai trouvé très intéressant de participer à ce projet sur le principe de l’édition limitée. J’ai travaillé, afin de répondre à la thématique de la fête, sur le sous-bock, un objet qui est peu utilisé, jetable, sans noblesse, avec l’envie d’en faire un objet un peu précieux. J’ai contacté Fabien Vallos qui était mon professeur à l’Ecole Nationale Supérieure de Photographie d’Arles pour l’écriture du texte et qui s’intéresse beaucoup à la thématique de la fête et y a consacré sa thèse (Théorie de la fête : festivité, inopérativité & désœuvrement). » Robin Lopvet.

Robin Lopvet Jamais sans modération, 2016sous-bock vinyle 8 x 8 cméd. 25 ex. production Born And Die
Robin Lopvet, Jamais sans modération, 2016. Sous-bock vinyle 8 x 8 cm. éd. 25 ex. production Born And Die.

« Je suis photographe. Mes derniers travaux portaient sur la fête, sur les idées de communauté et de communion que l’on y associe. Lors de ma dernière exposition, j’ai montré un travail en infrarouge dans lequel je photographie des gens à leur insu et qui ne sont donc pas dans la représentation ni dans l’image de soi. Certains étaient 100 % dans la fête ou au contraire complètement déconnectés de l’ambiance. Pour ce projet, j’ai photographié avec un grand angle et un flash très puissant des soirées, puis en post-production, j’ai recadré sur le visage de personnes qui n’ont pas du tout l’air dans l’ambiance au point qu’il peut paraître surprenant de penser qu’ils sont en train de participer à une fête. J’ai fait de ces portraits d’inconnus des photos d’identité comme celle que l’on conserve dans son porte-feuille. Le texte qui accompagne ce travail est de Jacob Aue Sobol, un photographe qui a une approche complètement différente de la mienne car lui aborde l’autre par l’intimité. Sont réunis-là les deux extrêmes d’une même préoccupation. » Rebecca Topakian.

Rebecca TopakianAnonyme, 2016tirage lambda 35 x 45 mm dans pochette cartonnée6 x 8 cm éd. 25 ex. production Born And Die
Rebecca Topakian, Anonyme, 2016. Tirage lambda 35 x 45 mm dans pochette cartonnée 6 x 8 cm. éd. 25 ex. production Born And Die.

« Je suis écrivain et j’ai, à ce jour, écrit trois romans. Mes expositions sont en lien avec les fictions que j’invente. J’ai réalisé pour répondre à l’invitation de l’équipe de BAD des tatouages qui sont inspirés d’une nouvelle tirée d’un recueil paru en septembre 2015. La nouvelle porte sur les sectes et les sociétés secrètes. Plus exactement, elle parle de quatre communautés qui ont des rituels de passage. Les quatre tatouages que l’on peut appliquer à même la peau comme des tatouages pirates sont les symboles des différentes communautés que j’ai inventées. A partir de mes nouvelles, je monte des projets de commissariat d’exposition, je conçois des objets et je fais des performances. Il y a une forte corrélation dans mon travail avec la thématique de la fête. J’ai demandé à un journaliste des Inrocks et du Quotiden de l’Art, Pedro Morais, qui connaît bien mon travail de rédiger mon texte. » Marielle Chabal. (Tatouages temporaires, 2016. 4 tatouages décalcomanies, symboles des communautés de l’île Tøygrëmmaī, répartis aléatoirement 2 x (5 x 7 cm) / 5 x 25 cm / 4 x 3 cm éd. 25 ex. + 4 E.A. production Born And Die—Île Tøygrëmmaī, 2016 document dessiné).

« Quand nous avons été contactées par Aurélie et Léo nous venions de rencontrer un sociologue qui travaillait sur le thème de la fête et qui nous en a expliqué les étapes et comment se décomposaient, à travers elle, les codes sociaux. Aborder la fête aujourd’hui est crucial car nous sommes la première génération depuis des milliers années où le processus et le lien entre les personnes sont tronqués. Nous avions déjà réalisé un travail sur la chanson paillarde et sur le Tampounez, une tradition vendéenne qui consiste à inviter ses amis à trinquer dans sa cave. Nous travaillons aussi sur la transmission des traditions et nous expérimentons chacune d’elles. Ainsi, nous avons conçu un tutoriel pour [BAD#01] pour transmettre la tradition du Tampounez en répondant à la demande de réaliser un multiple. Notre texte a été écrit par Julie Crenn. » Aurélie Ferruel & Florentine Guédon.

 

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[BAD#01] — Nazdravlje!

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