Elisa Ghertman & Céline Tuloup, La délicatesse de l’accidentel, ECAM -Théâtre du Kremlin-Bicêtre

Elisa Ghertman & Céline Tuloup, La délicatesse de l’accidentel, ECAM -Théâtre du Kremlin-Bicêtre

L’exposition “La délicatesse de l’accidentel” constitue un dialogue entre les oeuvres de deux plasticiennes, Elisa Ghertman et Céline Tuloup. Elles joueront d’associations et de rapprochement entre leurs taches et leurs traces.

La plupart des peintures d’Elisa Ghertman sont nées d’un jeu entre le hasard (ou autrement dit l’accidentel) et la prise de décision. L’artiste a choisi des couleurs très fluidifiées qu’elle a disposé sur un papier à l’horizontal. En bougeant le support, les couleurs se sont déplacées. Certaines de ces peintures sont très gestuelles, et le blanc du papier est encore très visible. D’autres sont le résultat de diverses interventions superposées où le travail avec le blanc s’est révélé essentiel à la construction et à l’émergence de formes. Ces peintures ont été réalisées sans idée de représentation, mais la coulure se faisant aussi dessin, elles évoquent souvent le vivant : le végétal, le minéral, l’animal, l’organique. Elles interrogent aussi l’échelle, sommes-nous en présence du micro ou du macroscopique, sommes-nous à l’intérieur du corps ou du cerveau ou bien dans l’espace ?
Ajouté à ces peintures réalisées en 2016 et 2017, l’artiste montrera un travail plus récent où des gestes plus rectilignes succèdent aux gestes courbes et où ses liens au dessin et au monde végétal sont encore plus apparents.

Elisa Ghertman présentera également des éléments de “Journal de Traces”, un ensemble constitué de dessins réalisés avec des techniques mixtes (taches de thé ou de pétales, collages de pelures de pamplemousses, fil cousu) où Il s’agissait de transformer l’anodin, le quotidien, de fabriquer de l’imaginaire à partir du presque rien, et finalement de faire apparaître l’extraordinaire dans le trivial.

En dialogue avec le travail d’Elisa Ghertman, Céline Tuloup présentera lors de l’exposition une installation «Le dîner en famille» et deux séries «Les psychic circles» autour des planches du test de Rorschach.

L’installation «Le dîner en famille» évoque la fin d’un repas. Elle est composée d’une nappe (La Nappe) dont les tâches sont rebrodées et de ses serviettes assorties (Les Restes). En rebrodant les taches sur la nappe, l’historique des anciens repas réapparaît et par-delà, l’histoire de la famille. Sur les serviettes (Les restes), ont été brodées les planches du test de Rorschach, outil clinique d’évaluation psychologique de type projectif. Le titre «Les restes» se réfère à l’expression française « Les restes » pour évoquer les résidus de nourriture après un repas. Ceux-ci sont, traditionnellement, transformés pour être consommés de nouveau. Mais le titre peut aussi être interprété sous un angle psychanalytique. Les restes sont alors les traces mnésiques de la vie en famille, de l’enfance. Pour la théorie psychanalytique, ces souvenirs sont à l’origine de névrose. Aussi, une fois adulte, que fait-on de ces restes, comment les transforme-t-on ?
En prolongement à cette installation, Céline Tuloup présente également les «Pyschic circles» qui se composent de tambours à broder et de tambourins où sont reproduits les planches du test de Rorschard. Ici la symétrie des images du test de Rorschach est encore accentuée : celles-ci sont démultipliées, et organisées selon des motifs se situant entre le mandala et le kaléidoscope. Cette structure réconcilie des termes apparemment opposés tels que la concentration et la circulation, la permanence et le changement, l’identité et la différence. Ces deux séries évoquent aussi bien nos quêtes spirituelles individuelles que les visions hallucinatoires dans lesquelles chacun peut se perdre.
Si le test de Rorschach est aujourd’hui mondialement connu, les «Psychic Circles» renvoient également à des images archaïques parlant à l’inconscient. Ils se réfèrent donc tout autant à la théorie psychanalytique qu’aux visions générées, chez de nombreux peuples traditionnels, par les cérémonies chamaniques.

Enfin, le temps de l’exposition “La délicatesse de l’accidentel” sera rythmé par plusieurs interventions in situ d’Elisa Ghertman au coeur même de l’architecture de L’Ecam. Les spectateurs du théâtre ou autres visiteurs pourront ainsi voir les processus mis en jeu dans la réalisation d’une oeuvre. Ces interventions se matérialiseront par de grands collages à l’aide d’adhésifs sur certains murs du théâtre. Le désir de l’artiste est d’apporter de la couleur, de créer du contraste, du mouvement, de la délicatesse dans l’architecture du théâtre du Kremlin-Bicêtre.

 

 

ELISA GHERTMAN
Née en 1980 à Paris 

Vit et travaille dans le Val-de-Marne

www.elisaghertman.com 

 

CÉLINE TULOUP
Née en 1980 à Vichy. 

Vit et travaille à Saint-Denis. Résidente au 6b à Saint-Denis.

www.celinetuloup.com 

 

Céline Tuloup, Les restes (planche N¯9), broderie sur serviette, 30cm x30cm
Céline Tuloup, Les restes (planche N¯9), broderie sur serviette, 30cm x30cm

 

Elisa Ghertman, Eclosions, Travail in situ, collage de fragments d'images et peinture sur les murs sol et plafond pièce de 12m2, Festival Les Imaginaires Créteil 2012
Elisa Ghertman, Eclosions, Travail in situ, collage de fragments d’images et peinture sur les murs sol et plafond pièce de 12m2, Festival Les Imaginaires Créteil 2012

 

Elisa Ghertman, Entrelacs, peinture sur papier
Elisa Ghertman, Entrelacs, peinture sur papier

 

Visuel de présentation : Céline Tuloup, Le dîner en famille, installation avec nappe et serviettes de table brodées, table, chaise et service à café. Courtesy artiste.

 

Elisa Ghertman & Céline Tuloup, La délicatesse de l’accidentel, ECAM -Théâtre du Kremlin-Bicêtre
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