Kepa Garraza, POWER, Sobering Galerie Paris

Kepa Garraza, POWER, Sobering Galerie Paris

« Le despote meurt en souriant,
il sait que sa mort,
la tyrannie ne change pas de mains,
et la servitude n’a pas de fin »

Heinrich Heine, roi David, 1851.

 

Sobering Galerie présente POWER, une exposition de pastels de l’artiste de Bilbao, Kepa Garraza. 

«POWER» est une réflexion sur la représentation du pouvoir dans la culture occidentale, de la Grèce antique à nos jours.

Dans cette exposition, Kepa Garraza se concentre sur l’utilisation de la sculpture pour faire des portraits de personnalités historiques directement liées au pouvoir politique ou militaire.

Ces figures, allant de Jules César à George Bush, comprennent des protagonistes de l’histoire tels que Philippe II ou Napoléon Bonaparte. Tous ces personnages ont été la clé pour comprendre l’histoire de la civilisation occidentale et tous ont utilisé l’art comme un outil de propagande pour servir leurs propres intérêts.
Le récit de l’exposition s’articule autour de l’instrumentalisation de l’art par l’État et de l’identification du pouvoir à une série de personnages emblématiques.

Pour l’exposition POWER à la Galerie Sobering, Kepa Garraza a choisi 8 personnages historiques, de Pericles à George Bush, dont Charlemagne, Alexandre le Grand, Mao Zedong et d’autres.

Une promenade à travers les civilisations et les empires, conquis et perdus pendant des siècles et qui dans cette série apparaissent résumés presque en un instant. Un vrai concentré de pouvoir impérial, de violence, de tyrannie et de testostérone.

La galerie, remplie de ces personnages, impressionne. Ils nous regardent d’en haut avec leurs yeux pierreux, impassibles et cruels. Devant ces images, tant avec les statues originales que les versions que Kepa Garraza a mises en valeur avec l’utilisation des ténèbres, le spectateur est supposé se sentir nain et fragile, appartenant à une autre espèce, comme l’image de l’empereur, bien que représenté en apparence humaine, prétend être surhumain, admirable et irremplaçable.

La série Power de Kepa Garraza soulève deux particularités: premièrement, son travail ne concerne pas seulement l’observation, le plaisir et l’apprentissage du passé, il évoque aussi la réinterprétation. L’artiste ne se limite pas à la valeur esthétique de l’objet d’art, avec toute la complexité et la richesse du travail pris comme modèle. Mais de plus,  Garraza unifie avec son mode de représentation spécifique. Tous ces portraits, sculptures et bustes ont été pris d’époques, de contextes et de styles très différents.

Ainsi, la statue de Charlemagne ou un bronze du père et du fils Bush apparaissent visuellement équivalents, nivelés comme des spécimens de la recherche taxonomique. Ce processus d’unification du différent, quelque chose comme un dénominateur commun minimum de représentation du pouvoir, parvient à identifier et isoler les mécanismes qui le produisent: éléments iconographiques tels que la couronne de laurier ou l’épée, mécanismes de sublimation visuelle comme la base ou le chevalstéréotypes anatomiques et gestuels … un ensemble de signes qui ont été mélangés depuis des siècles par les artistes et que ce nivellement réalisé par l’artiste expose en lumière

Les vêtements, le casque, le pectoral, la toge, l’épée, l’aigle ou le cheval, le bâton de contrôle, le laurier, sont présentés comme des éléments essentiels de la représentation: ils sont des objets de transfert de son autorité, son dictionnaire iconographique, une concentration symbolique du pouvoir qu’ils exercent. Au fur et à mesure que nous approchons du présent, la fonction de ces éléments diminue progressivement et devient de plus en plus quotidienne : le bonnet vulgaire de Lénine, le pardessus de Mao Zedong, jusqu’à la jaquette de Kim Jong-il: les anciens symboles sont dégradés et il n’y en a pas pour les remplacer. La photographie d’abord, puis le cinéma et la télévision ont érodé le pouvoir de communication des anciens dispositifs symboliques. Certes, des statues continueront à être érigées dans différentes villes du monde, mais il semble certain que nous assistons à la décadence de ce système symbolique qui a maintenu sa validité pendant tant de siècles. La présence du pouvoir est inévitablement numérique et dans une certaine mesure, cette série de Kepa Garraza explique ce qui a été mais ne sera pas.

Texte Francisco Javier San Martín, critique d’art espagnol traduit par Masha Andreeva © 2018

 

 


Kepa Garraza est né en 1979 à Bilbao, Espagne.
Kepa Garraza a eu plusieurs expositions en Espagne, aux États-Unis, en Allemagne et aux Pays-Bas. Ces œuvres sont entrées dans les collections du Patio Herreriano Museum, à l’Artium Museum et Gustavo de Maeztu Museum.

 

Visuel de présentation : vue de l’exposition personnelle de Kepa Garraza, POWER à Sobering Galerie Paris.

 

vue de l'exposition personnelle de Kepa Garraza, POWER à Sobering Galerie Paris
vue de l’exposition personnelle de Kepa Garraza, POWER à Sobering Galerie Paris

 

vue de l'exposition personnelle de Kepa Garraza, POWER à Sobering Galerie Paris
vue de l’exposition personnelle de Kepa Garraza, POWER à Sobering Galerie Paris

 

vue de l'exposition personnelle de Kepa Garraza, POWER à Sobering Galerie Paris
vue de l’exposition personnelle de Kepa Garraza, POWER à Sobering Galerie Paris

 

Kepa Garraza, POWER, Sobering Galerie Paris
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