Steven Cox – Bas van den Hurk, A Moveable Feast, galerie Jérôme Pauchant

Steven Cox – Bas van den Hurk, A Moveable Feast, galerie Jérôme Pauchant

En direct de l’exposition A Moveable Feast avec Steven Cox et Bas van den Hurk, du 08 janvier au 12 mars 2016, galerie Jérôme Pauchant, 61 rue Notre Dame de Nazareth 75003 Paris.

Artistes : Steven Cox né en 1986 à Aberdeen (Scotland). Vit et travaille à Edinburgh. Il est également critique, commissaire d’exposition et fondateur du site Hunted Projects. http://www.huntedprojects.com

Bas van den Hurk, né à Tilburg en 1965 (The Netherlands). Vit et travaille à Tilburg. Diplômé de l’école des Beaux-Arts de l’Académie de St. Joost à Breda et en Philosophie de l’Esthétique à l’Université d’Amsterdam.

 

En intitulant leur exposition A Moveable Feast, le jeune artiste écossais Steven Cox et le hollandais Bas van den Hurk font écho à cette période d’intense créativité où mode, art et musique se côtoyaient pour ne former qu’un véritable art de vivre.
Les deux artistes rappellent cette effervescence culturelle et cette liberté d’interactivité entre les disciplines en s’appropriant sol et murs de la galerie pour y livrer des oeuvres où se mêlent technicité et expressivité.

Steven Cox – Bas van den Hurk, A moveable Feast, Galerie Jérôme Pauchant Paris
Steven Cox – Bas van den Hurk
Vue de l’exposition A moveable Feast, Galerie Jérôme Pauchant

A Moveable Feast entend brouiller les frontières entre présence et absence, passé et présent, et d’une façon plus fondamentale, entre les démarches des deux artistes. Cette proposition questionne notamment les conditions d’exposition conventionnelles et le va-et-vient entre autonomie et hétéronomie de l’oeuvre.”

L’exposition est construite sur une somme de dualités qui lui donne une forme de tension à l’énergie positive. Celle d’un duo d’artistes de génération différente qui ont développé, en faisant référence à des périodes différentes d’histoire de l’art et par des techniques artistiques qui peuvent paraître opposées (texture et surface dense pour Steven Cox et sérigraphie sur soie pour Bas van den Hurk) un rapport très complémentaire à la peinture. Une complémentarité qui a commencé à l’été 2015 lors de la résidence de Steven Cox à Tilburg dans l’atelier de Bas van den Hurk.

“Pour l’exposition A Moveable Feast, Cox propose une série de nouvelles «œuvres-transferts», créées pendant l’été 2015 lors de sa résidence de quatre mois aux Pays-Bas. Une réutilisation poétique de la couleur et de la texture prend alors place dans sa pratique pour en explorer les propriétés picturales formelles.”

Steven Cox, Yellow Pages, 2015 Huile et aérosol sur toile. Vue de l'exposition A moveable Feast, Galerie Jérôme Pauchant Paris
Steven Cox, Yellow Pages, 2015 Huile et aérosol sur toile.
Vue de l’exposition A moveable Feast, Galerie Jérôme Pauchant Paris

Les oeuvres de Steven Cox, par l’épaisseur de matière des différentes couches qui les composent, ne sont pas sans rappeler la surface des peintures abstraites de Gerhard Richter. Une densité de la surface de l’oeuvre qui est le résultat de plusieurs applications de couches de peinture recouvertes ensuite d’un épais enduit teinté dont la matière est ensuite retirée par l’apposition d’une bâche huilée. Une technique ayant un lien avec l’empreinte, l’aspect final permettant de distinguer des pigments de peinture comme autant de vestiges qui se cachent sous les murs décrépis.

“[L]es nouvelles «peintures-transferts» [de Steven Cox] sont constituées de multiples strates de peinture aérosol et de peinture à l’huile, appliquées par différents moyens de transfert. Ce procédé souligne simultanément l’absence de la main de l’artiste comme élément de contrôle et l’opportunité de créer un résultat inattendu.”

Bas van den Hurk, Beatrix kiddo, 2015, (medium) #1, 2015 Sérigraphie, huile, encre d'impression et poudre de pigments sur soie, encadré par l'artiste
Bas van den Hurk, Beatrix kiddo, 2015, (medium) #1, 2015
Sérigraphie, huile, encre d’impression et poudre de pigments sur soie, encadré par l’artiste

Bas van den Hurk sérigraphie sur de la soie froissée l’image extraite du film Le P’tit Parigot où Lizica Codreanu porte le costume de Pierrot-Éclair dessiné par Sonia Delaunay. Par l’enchâssement de la soie, l’artiste déconstruit le motif et vient y exécuter un geste pictural, nerveux, résolument libératoire. Un basculement qui entre en résonance avec le film dont le propos est comme une métaphore de l’avènement de l’art moderne exprimé par la série L’équipe de Cardiff de Robert Delaunay. Ce rapport de l’art avec la mode et le textile qu’exprime Bas van den Hurk se retrouve également dans l’installation I thought that all Generations were lost by Something.

Bas van den Hurk, I thought that all Generations were lost by Something, 2015 Portant mural, chemise sérigraphiée, colliers, sérigraphie sur soie, bouteille et reste de béton
Bas van den Hurk, I thought that all Generations were lost by Something, 2015
Portant mural, chemise sérigraphiée, colliers, sérigraphie sur soie, bouteille et reste de béton

 

“La proposition in situ de Steven Cox et Bas van den Hurk en particulier sur le sol de la galerie est semblable à un flux de pensées matérialisées où les objets flottent dans une temporalité donnant au regard une liberté infinie. Les œuvres de chaque artiste entretiennent un rapport ambigu à leur présence et à leur absence, simultanément ou non. Le spectateur peut ainsi devenir témoin collectif de l’œuvre, tentant d’en appréhender le sens sans toutefois l’embrasser totalement.”

La scénographie de l’exposition crée un lien entre les artistes. Les oeuvres se répondent par leur format, absorbent ou réfractent la lumière, quittent leur support pour se rejoindre sur le sol. Au geste fulgurant de Bas van den Hurk se superposent les empreintes réalisées avec des sacs remplis de peinture de Steven Cox. À cela s’ajoutent d’énigmatiques éléments, fragments de bloc de ciment, bouteilles, masse de matière, qui sont autant d’ouvertures à l’univers de ces artistes et qui aiguisent encore notre curiosité.

 

Steven Cox – Bas van den Hurk Vue de l'exposition A moveable Feast, Galerie Jérôme Pauchant Paris
Steven Cox – Bas van den Hurk
Vue de l’exposition A moveable Feast, Galerie Jérôme Pauchant Paris

 

(1) Paris est une fête, Ernest Hemingway, Gallimard, Paris, 1964 (édition posthume), trad. Marc Saporta.

 Lizica Codreanu portant le costume de Pierrot-Éclair dessiné par Sonia Delaunay, dans le filme de René Le Somptier’s Le P’tit Parigot 1926(2) Le P’tit Parigot est le nom d’une série de films français de René Le Somptier en six épisodes tournés en 1926 dans un appartement décoré par Robert Delaunay.

Lizica Codreanu y porte le costume de Pierrot-Éclair dessiné par Sonia Delaunay.

 

Toutes les citations sont extraites du communiqué de presse. Tous droits réservés Galerie Jérôme Pauchant.

Visuels tous droits réservés © Steven Cox. Courtesy Galerie Jérôme Pauchant, Paris & © Bas van den Hurk. Courtesy Rod Barton, London & Galerie Jérôme Pauchant, Paris.

Pour en savoir plus :

jeromepauchant.com

stevencox.co

basvandenhurk.com

rodbarton.com

Steven Cox – Bas van den Hurk, A Moveable Feast, galerie Jérôme Pauchant
Notez cet article



0 Partages