1+1=1, Scénographie plurielle à la Villa Belleville

1+1=1, Scénographie plurielle à la Villa Belleville

L’exposition de fin de résidence, 1+1=1 présente les travaux réalisés par les artistes en résidence depuis le mois de septembre 2017.

Alors qu’elle a remporté le dernier appel à projet commissariat, la curatrice indépendante Eva Vaslamatzi a pensé l’exposition comme un rhizome, rhizome qui débouche à la fin sur une centralité, le lieu d’exposition. 

A travers l’expression mathématique  « 1+1=1 », la curatrice Eva Vaslamatzi nous invite à penser la création, non pas comme le résultat de multiplicités hermétiques, mais plutôt comme multiplicité unificatrice. Au lieu de s’articuler autour d’un quelconque thème, l’exposition se présente au final comme une scénographie plurielle qu’investissent les artistes, en présentant des travaux en cours (dans leur atelier), et la curatrice en conjuguant plusieurs œuvres des résidents dans une salle d’exposition. Composée d’une cour centrale et d’une allée avec de part et d’autre, des ateliers d’artiste, la Villa Belleville est propice à la promenade. Pour cette exposition, le lieu a été pensé comme un réseau de ramifications (où le spectateur peut flâner) qui au bout débouche sur un espace central.

Au commencement, à la racine, il y a plusieurs ateliers. Lauren Tortil accueille le visiteur au sein de son espace en plaçant des enceintes avec autour des systèmes de sonorisation  et dans un coin, une vidéo projetée, le tout plongé dans le noir. L’artiste couve le son, le dirige et parfois semble l’amplifier comme dans son Hear wicker n°4. Un peu plus loin, en montant les « branches des ramifications », Bérénice Lefebvre, artiste plasticienne, et Etaïnn Zwer, auteure-artiste, jouent avec le langage dans une mini-expo intitulée Here Where Elsewhere. Au fond de l’espace, plusieurs phrases, dont certaines connues, inscrites au mur : « Je parle une langue inconnue, la tienne » ou « In the future we exist ». Un peu partout dans l’espace, des petites architectures mêlant des objets du quotidien, posées sur des petits socles vissés au mur, sont disséminées dans l’espace. Parfois, des mots poétiques accrochés au mur viennent rythmer ces architectures, à l’image de cette petite feuille sous verre, posée sur la cloison, où est écrit à l’envers : « Twist Tropiques ». Et cet espace empli de mots, légèrement politique, légèrement utopique et traversé par deux pratiques artistiques, les deux artistes l’explique dans un texte à l’aide de mots composés : « fictions critiques », « signes-images-incantations », et décomposés comme cette belle déconstruction qu’est cette formule : « dés-identités ». Puis au fond, là où les ramifications se rejoignent, au bout de la cour, dans l’espace d’exposition principal, Léonard Martin occupe une partie du territoire avec une installation, Picrochole, où l’on croit distinguer des bouts de bras en bois soutenus et accompagnés de morceaux de polystyrène et de mousse. Le tout formant une sculpture éclatée rappelant le corps détaché d’un personnage fictif. Personnage que l’on retrouve dans le tableau du même artiste : Nu remontant l’escalier. Toujours dans la salle principale, dans un coin, l’artiste plasticienne Cécile Chaput joue avec le mur et sa surface en déposant une seconde peau, sorte d’assemblage de bois et de formica. Simple « moquette » déposée ou sculpture constructiviste ? A l’évidence, cette œuvre joue sur sa propre discrétion en se confondant avec la surface. Puis au bout encore, les ateliers de sérigraphie, de gravure, de prototypage et de bois. Pour user d’un mot, légèrement galvaudé mais toujours porteur de sens, on pourrait dire que  1+1=1  est une exposition rhizomatique (tels les racines d’un palétuvier).

Texte Chris Cyrille © Point contemporain 2018 

 

 

Vue d'exposition 1+1=1 - Villa Belleville Paris - Photo Valérie Toubas
Vue d’exposition 1+1=1 – Villa Belleville Paris – Photo Valérie Toubas

 

Vue d'exposition 1+1=1 - Villa Belleville Paris - de gauche à droite : Bérénice Lefebvre & Etaïnn Zwer, Lauren Tortill et Jean-Charles de Quillacq (au sol)
Vue d’exposition 1+1=1 – Villa Belleville Paris –
de gauche à droite : Bérénice Lefebvre & Etaïnn Zwer, Lauren Tortill et Jean-Charles de Quillacq (au sol) – Photo Valérie Toubas

 

 

Vue d'exposition 1+1=1 - Villa Belleville Paris - de gauche à droite : François mark, Cécile Chaput, Léonard Martin
Vue d’exposition 1+1=1 – Villa Belleville Paris –
de gauche à droite : François mark, Cécile Chaput, Léonard Martin – Photo Valérie Toubas

 

Vue d'exposition 1+1=1 - Villa Belleville Paris - de gauche à droite : Lauren Tortil, Cécile Chaput , Raphaël Sitbon - Photo Valérie Toubas
Vue d’exposition 1+1=1 – Villa Belleville Paris –
de gauche à droite : Lauren Tortil, Cécile Chaput , Raphaël Sitbon – Photo Valérie Toubas

 

Vue d'exposition 1+1=1 - Villa Belleville Paris - Raphaël Sitbon, Mourir en héros, 2018 - Photo Valérie Toubas
Vue d’exposition 1+1=1 – Villa Belleville Paris –
Raphaël Sitbon, Mourir en héros, 2018 – Photo Valérie Toubas

 

Vue d'exposition 1+1=1 - Villa Belleville Paris - de gauche à droite : Superfluides, Léonard Martin - Photo Valérie Toubas
Vue d’exposition 1+1=1 – Villa Belleville Paris – de gauche à droite : Superfluides, Léonard Martin – Photo Valérie Toubas

 

Visuel de présentation : Bérénice Lefebvre & Etaïnn Zwer, Formulaire pour un monde nouveau – Photo Valérie Toubas

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