James McNabb, Structure, Galerie Magda Danysz Paris [EN DIRECT DE L’EXPOSITION]

James McNabb, Structure, Galerie Magda Danysz Paris [EN DIRECT DE L’EXPOSITION]

Par un travail minutieux qu’il nomme urban woodworking, l’artiste américain James McNabb récense les formes, à la fois fragiles et imposantes, de ces formidables bâtiments qui sont l’apothéose de l’industrialisation de notre civilisation. Issues d’un travail à partir de bois naturel, le noyer noir d’Amérique qu’il laisse à l’état brut, ses oeuvres nous parlent de l’architecture des villes, du rêve américain de bâtir sans limite son propre futur. Aucune peinture ou vernis ne vient homogénéiser la variété des teintes qui s’éclaircissent selon que l’artiste travaille le cœur du tronc de l’arbre ou sa périphérie. Des tasseaux ou des chutes de bois qu’il sculpte à la scie à ruban afin de créer des formes longilignes rappelant celles de gratte-ciel tels que l’on peut les apprécier quand on observe la Skyline, ou lorsque l’on arpente les rues de New York, dont il est originaire. Des compositions faites d’un assemblage de bouts de bois taillés dans la masse auquel il donne toute la préciosité du vivant.

Les sculptures de James McNabb nous parlent d’un passé et d’un futur, elles nous racontent la genèse des villes. Ses compositions nous rappellent les photographies de Charles Clyde Ebbets montrant l’assemblage, dans les années 30, des structures des futurs gratte-ciel où l’on voit des hommes perchés à des hauteurs vertigineuses semblant faire fi de toute peur du vide. Par leur forme circulaire, elles racontent le caractère matriciel de la ville, comment celle-ci elle est devenue, par un phénomène continu d’exode rural, le symbole d’une humanité complètement tournée vers elle-même. Elles sont l’expression d’une utopie, celle d’un monde autonome, autosuffisant, autogéré. Le symbole du cercle et de la roue témoigne de cette pensée dominante progressiste qui prône le détachement de toute dépendance des ressources naturelles pour l’instauration d’une civilisation capable de répondre avec l’avancée de la science à ses propres besoins.

James McNabb nous entraîne dans le récit d’une fiction et prolonge cette idée de « détachement » dont on trouve la genèse dans les récits futuristes des années 50 et qui s’apprêtent à devenir réalité. Les compositions de l’artiste semblent en effet dépourvues de toute pesanteur. La scénographie de l’exposition accentue cette perte de gravité de sculptures pourtant imposantes. Les sculptures City Wheel s’apparentent à des cités spatiales, deviennent elles-mêmes des planètes habitées dont on ne serait pas surpris qu’elles puissent être animées d’une lente rotation.

Malgré cette projection dans un futur imminent, par cette utilisation du bois, matériau noble et rare, l’artiste notre rappelle notre attachement à la nature, à l’écosystème naturel dont nous nous éloignons pour créer un avenir où, par un phénomène de surpeuplement et d’alignement continu de buildings, la nature n’aura plus sa place.

 

Infos pratiques
Exposition Structure de James MacNabb
Du 02 au 24 septembre 2017

Galerie Magda Danysz
78 rue Amelot 75011 Paris

magdagallery.com

James MacNabb
Vit et travaille à Philadelphie.

mcnabbstudio.com

 

ames McNabb, vue de l'atelier
James McNabb, vue de l’atelier

 

ames McNabb City Square, 2016 American Black Walnut
James McNabb, City Square, 2016. American Black Walnut

 

James McNabb, Hive city, 2016. American Black Walnut
James McNabb, Hive city, 2016. American Black Walnut

 

James McNabb, City Wheel double, 2016. American Black Walnut
James McNabb, City Wheel double, 2016. American Black Walnut

 

Visuel : James McNabb, Composure, 2017. Composition sculptée en noyer. Courtesy artiste et Galerie Magda Danysz.

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