Maria Hupfield, The One Who Keeps On Giving (Celle qui continue de donner)

Maria Hupfield, The One Who Keeps On Giving (Celle qui continue de donner)

Maria Hupfield, vue de l’exposition The One Who Keeps On Giving. Courtesy artiste.
Photo Vincent Royer © OpenUp Studio, Centre culturel canadien

Après sa toute première exposition dans ses nouveaux espaces du 130 rue du Faubourg Saint-Honoré, qui mettait à l’honneur Kent Monkman, un artiste autochtone d’origine Cree basé à Toronto, le Centre culturel canadien inaugure la rentrée artistique 2018-2019 avec une artiste autochtone issue de la nation Wasauksing (nation Anishinaabe installée au bord de la Baie Géorgienne, au Nord de Toronto, Ontario) et maintenant établie à Brooklyn. Ce second projet entend affirmer l’importance que le Centre culturel canadien veut donner aux voix les plus audacieuses et singulières des diverses cultures autochtones du Canada.

L’exposition Maria Hupfield The One Who Keeps On Giving (Celle qui continue de donner) comprend un ensemble d’objets et de vidéos découlant de la pratique performative d’une artiste majeure de la scène de l’art contemporain en Amérique du Nord. Le travail de Maria Hupfield déploie des questions sensibles sur les objets et les souvenirs, ainsi que les gestes et les relations qu’ils évoquent.

Les objets possèdent des significations qui dépassent leur matérialité, des significations que nous leur donnons ou qu’ils nous transmettent. Ils sont le résultat d’une action, l’indice d’un geste humain. Ils suscitent des réactions et éveillent des souvenirs. Ils peuvent soutenir une lecture collective ou personnelle. La pratique artistique de Maria Hupfield révèle le pouvoir qu’ont les objets de déclencher des relations entre les humains et les milieux.

Pour cette exposition, Maria Hupfield a mis au point une installation vidéographique centrée sur un petit objet d’apparence anodine mais fortement chargé sur le plan émotif : un paysage marin peint à l’huile par sa mère aujourd’hui décédée, Peggy Miller. L’artiste a invité ses frères et sœurs à prendre part à une performance enracinée dans les souvenirs évoqués par le tableau. Celle-ci a été réalisée une première fois à Parry Sound, en Ontario, le lieu représenté sur la peinture. Cette même performance a ensuite été reproduite et filmée dans l’espace du premier lieu d’exposition du projet, The Power Plant, à Toronto, afin de créer tout à la fois un lien, un dialogue, un contraste, une translation, entre la communauté d’origine (ancrage au milieu familial et à la culture autochtone de l’artiste) et l’espace d’exposition de la grande métropole canadienne (représentatif du déplacement et de la vie professionnelle de l’artiste). Cette double projection accompagne et célèbre, par le chant et la danse traditionnels, l’accession du petit tableau de la mère à son exposition publique. Maria Hupfield présente ici au monde un autre monde, et elle le fait à sa manière, d’artiste performeuse jouant librement avec les codes des genres artistiques.

Aux côtés de cette nouvelle œuvre de commande, l’exposition présente une sélection d’objets souvent activés dans les performances d’Hupfield au cours des dernières années : un canot, un habit de neige, un casque de motoneige, des mitaines et des bottes, un magnétophone à cassettes avec des écouteurs, une ampoule électrique et sept objets obtenus d’autres personnes. La plupart de ces objets sont des reproductions en feutre gris, un matériau souple et neutralisant qui dépossède les objets de leur fonctionnalité pour les faire accéder à un autre niveau de sens. Unis dans une nouvelle matérialité, les objets ont une dimension à la fois plus intérieure et universelle. Ils sont mis en relation avec des performances filmées de l’artiste, dans un environnement de bois dont l’essence naturelle est contredite par l’application d’une étrange peinture fluorescente. Pour Maria Hupfield, les objets qui comptent sont des objets chargés d’une mémoire, qu’elle s’attache à réactiver dans des espace-temps divers qu’ils marquent de leur pouvoir visuel et sonore. Sa pratique artistique est ancrée à des rituels qui nous transportent à l’extérieur de notre monde fonctionnalisé dans le but de nous y ramener enrichis par l’expérience d’un autre rapport au temps, à l’espace et aux choses.

Dans le film It Is Never Just About Sustenance Or Pleasure, Hupfield marche à travers le désert de Santa Fe le long d’une voie d’eau maintenant disparue, les extémités couvertes de moufles et de bottes. La forme de ces accessoires (mais non leur matière) évoque les zones humides : en effet, ses moufles sont inspirées à la fois des gants de snowmobile contemporains et des moufles traditionnelles de chasse en peau d’élan tandis que ses bottes rappellent des cuissardes en caoutchouc pour la pêche en rivière. Ces objets, ancrés dans des modes de vie régionaux spécifiques, apparaissent décontextualisés et deviennent ici des moyens d’évoquer le passé du désert et de reconnaître la nécessaire adaptabilité face au changement climatique mondial.

Dans sa performance, Contain That Force, Hupfield anime sept objets reçus de sept artistes en un geste d’échange social. Certains – la cassette, les photos et les deux textes – sont intrinsèquement représentatifs de quelque chose qui existe en dehors de leur matérialité : par exemple, la cassette saisit un son, la photographie est un extrait de réel et les deux textes racontent une histoire. Les divers sens de ses objets se déploient au-delà de leurs limites physiques.

Le titre de l’exposition est la traduction du nom anishinaabe de la mère de l’artiste.

Maria Hupfield, vue de l'exposition The One Who Keeps On Giving. Courtesy artiste.  Photo Vincent Royer © OpenUp Studio, Centre culturel canadien
Maria Hupfield, vue de l’exposition The One Who Keeps On Giving. Courtesy artiste.
Photo Vincent Royer © OpenUp Studio, Centre culturel canadien

Maria Hupfield, vue de l'exposition The One Who Keeps On Giving. Courtesy artiste.  Photo Vincent Royer © OpenUp Studio, Centre culturel canadien
Maria Hupfield, vue de l’exposition The One Who Keeps On Giving. Courtesy artiste.
Photo Vincent Royer © OpenUp Studio, Centre culturel canadien

 

Maria Hupfield, vue de l'exposition The One Who Keeps On Giving. Courtesy artiste.  Photo Vincent Royer © OpenUp Studio, Centre culturel canadien
Maria Hupfield, vue de l’exposition The One Who Keeps On Giving. Courtesy artiste.
Photo Vincent Royer © OpenUp Studio, Centre culturel canadien

 

Maria Hupfield, vue de l'exposition The One Who Keeps On Giving. Courtesy artiste.  Photo Vincent Royer © OpenUp Studio, Centre culturel canadien
Maria Hupfield, vue de l’exposition The One Who Keeps On Giving. Courtesy artiste.
Photo Vincent Royer © OpenUp Studio, Centre culturel canadien

 

Maria Hupfield, vue de l'exposition The One Who Keeps On Giving. Courtesy artiste.  Photo Vincent Royer © OpenUp Studio, Centre culturel canadien
Maria Hupfield, vue de l’exposition The One Who Keeps On Giving. Courtesy artiste.
Photo Vincent Royer © OpenUp Studio, Centre culturel canadien

 

Maria Hupfield, vue de l'exposition The One Who Keeps On Giving. Courtesy artiste.  Photo Vincent Royer © OpenUp Studio, Centre culturel canadien
Maria Hupfield, vue de l’exposition The One Who Keeps On Giving. Courtesy artiste.
Photo Vincent Royer © OpenUp Studio, Centre culturel canadien

Maria Hupfield
Née en 1975 à Parry Sound, dans la Baie Georgienne) appartient à la nation Wasauksing de l’Ontario.
Vit actuellement dans le quartier de Brooklyn, à New York.

Elle a exposé en solo à la MacKenzie Art Gallery (Regina, 2015), à la Galerie Hugues Charbonneau (Montréal, 2015) et à l’Art Gallery of Southwestern Manitoba (Brandon, 2011).
Elle a participé à des expositions et performances collectives notamment à Trestle Projects Brooklyn (2016), à la biennale SITE (Santa Fe, 2016), à A Space Gallery (Toronto, 2015), au Campo dei Gesuiti (Venise, 2015), au Centre d’art autochtone (Ottawa, 2015), au Bronx Museum, (New York, 2015), à Vox Populi (Philadelphie, 2015), au Musée d’art contemporain des Laurentides (Saint-Jérôme, 2015), au North Native Museum (Zurich, 2014), à SBC – Galerie d’art contemporain (Montréal, 2013) et à la Vancouver Art Gallery (2012). 
Maria Hupfield est la fondatrice du projet 7th Generation Image Makers de l’organisme Native Child and Family Services de Toronto. Elle est copropriétaire de Native Art Department International. Elle a été professeure adjointe en arts visuels et pratique des matériaux à la Faculty of Culture and Community de l’Emily Carr University of Arts and Design (2007-11).

Son travail est représenté par la Galerie Hugues Charbonneau à Montréal.

mariahupfield.wordpress.com

www.thepowerplant.org

Infos pratiques

Centre culturel canadien

Du 26 septembre 2018 – 18 janvier 2019
130, rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 Paris

www.canada-culture.org

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