QUENTIN DESTIEU, MASTER/SLAVE

QUENTIN DESTIEU, MASTER/SLAVE

Quentin Destieu, Maraboutage 3D, 2017. Installation, impression 3D, tissu, laine de mouton. Photo Yohann Gozard

 

« Rien ne discrédite aujourd’hui plus promptement un homme que d’être soupçonné de critiquer les machines », écrivait Günther Anders dans L’Obsolescence de l’homme en 1956.

Malgré les avancées positives suscitées par l’apparition des technologies numériques, nous voyons apparaître désormais différents symptômes représentatifs d’une société en crise dans laquelle ces technologies sont devenues incontournables et omniprésentes, entraînant à l’échelle mondiale de profonds bouleversements politiques, sociaux, économiques, écologiques et artistiques. 

Face aux pensées techno-positives qui animent les scènes politiques, industrielles et financières depuis plusieurs décennies autour des notions obsolètes de progrès et d’innovation, s’organisent des réflexions de la part d’une contre-culture où artisans, artistes et intellectuels dénoncent une forme de « dystopie orwellienne »1  actuelle dans laquelle l’individu perd peu à peu sa liberté et son autonomie au profit des machines et de l’élite qui les fabrique.

Cette vision critique d’une société d’ « hyper-contrôle », dont les objectifs principaux seraient le profit économique et le contrôle de l’individu, est à l’origine de nouvelles fabriques numériques qui défendent des utopies alternatives et égalitaires dans lesquelles elles proposent à l’humanité de renverser ce rapport de domination par son droit à une certaine ‘souveraineté technologique’ : intelligence collective, accès au savoir-faire commun, Do It Yourself 

Quentin Destieu est de ces artistes qui, au-delà d’utiliser les technologies numériques comme matériaux de création, les utilisent comme supports de réflexion. Par son exposition éminemment politique « master/slave », dont le titre reprend une terminologie de programmation informatique aujourd’hui controversée2, il mêle avec humour actes psycho-magiques et détournement de technologies dites ‘numériques’ comme armes de subversion aux tendances techno-libérales dominantes : une reconquête personnelle, empreinte de liberté, des techniques et ressources face une forme de matérialisme exacerbé détrônant la philosophie humaniste.

11984  est un livre d’anticipation de Georges Orwell datant de 1948
2 la paire “master/slave” (terminologie de langage de programmation) a récemment été remplacée par des terminologies comme “leader/follower” ou “primary/replica” par la communauté Python.

Une synthèse de Luce Moreau à partir du travail de recherche de Quentin Destieu

 

Infos pratiques

08/11▷15/12 – QUENTIN DESTIEU – MASTER/SLAVE – GALERIE DES GRANDS BAINS DOUCHES, MARSEILLE

Diffusing Digital ART (résident à art-cade), M2F Création I Lab Gamerz et OTTO-PROD (résident à art-cade) présentent le travail de Quentin Destieu dans le cadre du festival Gamerz et de Chroniques, Biennale des imaginaires numériques. 

 

Quentin Destieu, A coeur ouvert, installation, composants électroniques, bois, verre, 2017. Photo Yohann Gozard
Quentin Destieu, A coeur ouvert, installation, composants électroniques, bois, verre, 2017. Photo Yohann Gozard

 

 

Quentin Destieu, Sylvain Huguet, Machine 2 Fish V2, 2016. Exosquelette pour poisson rouge. 
Quentin Destieu, Sylvain Huguet, Machine 2 Fish V2, 2016. Exosquelette pour poisson rouge.

 

 

Quentin Destieu, Sylvain Huguet, Refonte, 2014-2015
Quentin Destieu, Sylvain Huguet, Refonte, 2014-2015

 

 

Quentin Destieu, Sylvain Huguet, Refonte, 2014-2015 (détail)
Quentin Destieu, Sylvain Huguet, Refonte, 2014-2015 (détail)
QUENTIN DESTIEU, MASTER/SLAVE
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