Laura & Ricardo Nillni, Je ne sais combien d’étoiles

Laura & Ricardo Nillni, Je ne sais combien d’étoiles

Laura Nillni développe un travail artistique, en sculpture, dessin et installation de différents médiums, qui se nourrit de lecture et de musique. Je ne sais combien d’étoiles, titre poétique, invite déjà à la rêverie. Il tire son origine de la nouvelle « Funes ou la mémoire » de Jorge Luis Borges. Hommage à cet auteur, cette vidéo témoigne du processus de réminiscence des souvenirs, des images et des lectures d’ouvrages qu’on garde en mémoire. Elle a d’ailleurs donné suite à des séries de dessins sur calque qui présentent un jeu de superpositions de textes et de formes géométriques.
A partir de la musique composée par Ricardo Nillni, l’artiste a déployé un ensemble d’images, un végétal, des écrits, fragments de la nouvelle de Borges, tels des signes graphiques et des constellations. Elle les met en relation, les combine par des effets d’entrelacements, plus ou moins rapides selon la cadence sonore. Que reste-t-il après la vision des images et la lecture d’un ouvrage ? Ces procédés suggèrent également le temps de la lecture et le feuilletage d’un livre.
Les nuages, symboles du changement, inspirent Laura Nillni divers jeux de passages, ainsi qu’un va-et-vient entre opacité et transparence, où la lumière rentre progressivement pour laisser place à l’obscurité. Puis apparaît l’image d’une feuille, vue de près, recadrée. Des lignes, des structures, des bandes noires peuplées d’étoiles la recouvrent progressivement.
En défilant, les lettres, signes graphiques, se confondent avec ces éléments. La feuille photographiée, est surface de projection, de reflets, ainsi que support à des trames verticales. Un équilibre s’opère entre l’organique et le géométrique. Puis du végétal s’ouvre une dimension spatiale. Ces mouvements et ces circulations d’images représentent les liens entre les mondes, de la terre au ciel.
Apparition, disparition de la nature, des mots, ce phénomène fait écho au processus de la rêverie. La typographie relève ici d’une fluidité, d’une fusion, d’un mélange… Elle évoque des gouttes d’eau tandis qu’à d’autres moments, ce sont des étoiles qui se manifestent. Les différents rythmes sonores, lents et frénétiques interagissent avec le déroulement des images. Ce qui nous amène à saisir, à enregistrer visuellement, les éléments éphémères de la nature et les images mentales qui surviennent dans notre esprit.
Cette vidéo propose un aller-retour visuel du micro au macrocosme, du végétal au paysage, de l’élément que l’on peut toucher à l’univers, au monde céleste inatteignable, qui nous fait rêver. Ainsi, cette oeuvre propose différents moments de perception, invitant à prendre le temps d’observer, de l’attention à un élément naturel, à la lecture et à la contemplation du paysage, de nuit comme de jour.

Texte Pauline Lisowski © 2018

Musique de Ricardo Nillni : Tébah (2015), trio pour flûte, alto et trompette, enregistré en juillet 2018 par Jean-Luc Menet (flûte), Claire Merlet (alto) et Noé Nillni (trompette), prise de son, montage audio, Christophe Mazzella.
Édition limitée 100 exemplaires

 

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