Léo Marin [ENTRETIEN]

Léo Marin [ENTRETIEN]

Au sein de ta pratique (nous pourrions presque dire de tes pratiques) curatoriale, il me semble intéressant de noter une certaine générosité de propositions et de formats artistiques : édition, commissariat d’exposition, écriture et programmation à la galerie Éric Mouchet… Aussi, pourrions-nous revenir sur ces différents aspects de ta pratique et voir comment ils s’organisent les uns avec les autres ?

C’est vrai, ma pratique est multiple ! Et il pourrait être facile de penser que cela puisse partir dans tous les sens, c’est pour cela que je te remercie, grâce à notre entretien je vais enfin pouvoir parler de ma pratique avec une vision globale et expliquer le pourquoi de ces démarches.
Il est souvent dit que le métier de curateur est le plus jeune métier du monde et je pense que ne sommes vraiment pas loin de la réalité. Il y a donc tout à écrire, tout à inventer, tout à réfléchir ! C’est d’ailleurs, me semble-t-il, pour cela que nous sommes de plus en plus à réfléchir sur notre propre pratique, et à tenter de définir les contours de ce métier que nous faisons. C’est dans cette réflexion et en essayant d’apporter ma part de réponses que les différentes directions de ma pratique tendent.

J’essaie au mieux de développer une action plurielle, dont les branches s’interpénètrent pour obtenir une structure globale qui forme un tout cohérent. Tout part de mon envie de travailler au plus près des artistes. Le plus gros de ce travail, c’est de leur trouver un maximum de moyens de diffusion, de création et d’expositions, cela passe par le texte et l’exposition, mais aussi dans l’accompagnement, dans la pensée comme dans la pratique. Là s’opère alors une sorte d’accord tacite, d’honnêteté et d’entraide mutuelle. Pour se faire mon engagement se doit d’être entier et complet. Alors je discute avec l’artiste, parfois longtemps, pour que lui, puisse placer les « mots » qui vont avec sa pratique. J’écris et je les expose, puis tout se construit au fur et à mesure, ma pratique et la leur. C’est là que je me suis aperçu que cela ne suffisait pas et qu’il existait des vides à combler pour continuer à diffuser au mieux certains travaux. Alors j’édite et produis sous de nouvelles formes et enfin, je cherche des moyens de médiation qui, sans alourdir le travail de ces artistes, viennent apporter un autre regard sur leur travail. Un regard que je préfère être dans l’émotion et le sensitif, un regard que je n’arrive que difficilement à partager et pour lequel je fais donc appel à d’autres. C’est dans cette optique que mes différentes pratiques curatoriales s’articulent et se rejoignent.

Multiplier les approches, et les rencontres avec les artistes, en vue de publications, de productions, d’expositions et de nouvelles formes de médiation me permets d’acquérir une certaine vision globale de la création contemporaine et donc un meilleur point de vue pour réfléchir à celle-ci.

Ce que bien évidemment je ne peux faire seul puisque l’artiste, l’auteur, le médiateur, l’exposant et le curateur font tous partie de cet ensemble paradigmatique qui réfléchit et se questionne sur sa propre pratique. Ce n’est qu’en travaillant ensemble et dans une dynamique horizontale, que nous pourrons avancer vers un format de pensée globale et, je l’espère, une forme de pensée artistique totale. De facto, c’est certes très généreux, mais je souhaite que ma pratique de curateur continue dans cette direction parce que je ne suis pas convaincu qu’il puisse en être autrement.

J’ai en tête cette citation de Lionel Bovier (fondateur de la maison d’édition JRP/Ringier et actuel directeur du MAMCO de Genève) :  » éditer un livre peut être très similaire à l’acte curatorial. Comme curator indépendant, j’ai toujours considéré l’exposition comme un médium et dans ce sens, cela peut prendre des formes très différentes, et même celle d’un livre.  » (1) Hors, en 2014, tu fondes, avec Aurélie Faure et Ivan Dapic, la maison d’édition Born and Die, un projet qui s’engage à diffuser et exposer la jeune création contemporaine par le biais de l’édition d’artiste, mais aussi lors d’expositions. Pourrais-tu nous en dire plus sur ce projet, et sur la façon dont il existe au sein de ton activité curatoriale ?

Le projet Born And Die est né de cette volonté commune que nous avions avec Aurelie Faure et Ivan Dapic, de créer cette structure de diffusion avec justement ce souci d’horizontalité dans le travail.
Il nous semblait important de diffuser la jeune création contemporaine, par le biais d’un outil simple, qui pouvait se transmettre de la main à la main : un livre ; que nous n’étions pas les seuls à réfléchir à la pratique contemporaine de ces artistes : chaque artiste invitait un auteur à écrire un texte sur sa démarche. Cela n’étant pas suffisant nous prévoyions dans chaque numéro une série d’entretiens / interviews d’artistes, toujours dans ce souci de laisser à l’artiste la possibilité d’utiliser ses propres mots et parler de son travail.
Il restait cependant un vide à combler : l’accès physique et ludique au travail de ces artistes, souvent jeunes et encore peu montrés. C’est là que nous avons eu l’idée du coffret de multiples pour une édition augmentée qui permettrait aux textes des auteurs et aux mots des artistes d’être accompagnés physiquement du travail des artistes. Chaque coffret à été désigné par un autre artiste, tout comme le graphisme de chaque édition à été confié à un nouveau graphiste.
Bien sûr, la B.A.D. team sélectionnait les artistes, l’artiste en charge du coffret, le graphiste et s’occupait de créer un arc narratif global pour chaque numéro édité, autour d’une thématique choisie, c’est ici que la proposition curatoriale avait lieu, mais au final nous nous retrouvions tous sur le même plan horizontal, en apportant chacun notre pierre a l’édifice, incontestablement indispensable dans la réflexion, la diffusion, la publication, la production et l’exposition Born And Die.

Curateurs, artistes, auteurs, graphistes et diffuseurs : une ligne de front pour une réflexion multiple et une production finale globale et collaborative. Je ne peux m’empêcher de penser ici au principe de la table ronde des chevaliers arthuriens. Un lieu où, une fois tous réunis, même par un commanditaire unique, chacun a la même importance dans l’entreprenariat qui s’instaure alors.

Depuis 2015, tu as développé un projet intitulé Les Expositions Capsules. En tant que commissaire, tu opères une sélection d’œuvres réalisées par différents artistes et lances une invitation à un auteur pour la production d’un « texte d’imagination » qui a pour rôle d’accompagner l’exposition. Ce qui m’intéresse particulièrement dans ce projet, et qui je pense, rejoint ce que nous abordions précédemment, est le fait que tu définisses ces Expositions Capsules comme des essais artistiques et littéraires et que le temps de l’exposition serait, par définition, un recueil dans lequel le lecteur/regardeur est invité à déambuler.

En effet, le collectif « Puissance 4 » m’a invité fin 2015 pour l’ouverture de son nouvel espace (l’espace TORX) à Bruxelles et, en tant que seul curateur invité, il m’a semblé alors, être plus judicieux et intéressant de réfléchir à un format d’exposition déplaçable et renouvelable, qui pourrait offrir de nouvelles perspectives de lecture des œuvres et du travail des artistes mais aussi des auteurs et où je pouvais, par le biais de mon travail, en continuité de celui que je faisais avec B.A.D., amoindrir et affiner la frontière qui départage les auteurs des artistes. C’est comme cela qu’est né le cycle des « Expositions Capsules ».
La médiation et les accompagnements de déambulation dans les expositions sont à mon goût, trop souvent délaissés ou appliqués dans une forme extrêmement didacticielle, qui ne laisse plus aucune place au sensitif ou à l’émotif. C’est pour cela que pour chaque Exposition Capsule, j’invite un auteur à produire un texte pour accompagner les visiteurs dans l’exposition. L’auteur a carte blanche, il peut écrire absolument ce qu’il veut, aucune forme ne lui est imposé. Je lui fournis en amont la liste des œuvres sélectionnées et une présentation de la démarche des artistes. À lui ensuite de se laisser porter par les œuvres et ce qu’elles lui inspirent.
Pour mon plus grand plaisir, les textes produit par les auteures pour les Expositions Capsule #00 et #01 sont absolument superbes et apportent aux travaux des artistes, de nouveaux axes de lecture auxquels je n’avais pas pensé moi-même. Etaïnn Zwer et Elodie Petit ont fait un travail remarquable. Je tiens à ce que dans chaque Exposition Capsule, le nom des auteurs soit au même niveau que celui des artistes puisqu’eux aussi ont produit une œuvre et cela montre ma volonté d’affaiblir la frontière qui les sépare, ce dont je te parlais plus haut.
Tu as donc raison, chaque Exposition Capsule n’existe en effet que dans un temps donné et, même si je garde une trace visuelle et écrite de ces « essais artistiques & littéraires », on ne peut réellement les vivre que dans le temps de l’exposition ; c’est aussi un peu une capsule temporelle que nous construisons à chaque fois. In fine, après quelques expositions, j’aimerais publier un recueil de ces textes et pour cet ouvrage, inverser la balance : le format livre édité mettra en avant les textes des auteurs et les visuels des œuvres des artistes viendront les illustrer. Encore une fois ici pour considérer dans cet objet curatorial édité, l’auteur comme un artiste.

Lorsque l’on regarde les différents projets que tu mènes et que tu as mené, il en ressort un véritable intérêt, ou plutôt un véritable engagement avec la jeune création, que ce soit auprès des jeunes artistes mais aussi auprès des jeunes auteurs. Est-ce que dans ta position de jeune curateur cela te semble important ?

C’est extrêmement important !
La jeune création, ces artistes de ma génération, que je fréquente, avec qui je vis et je grandis depuis bientôt dix ans, à cette volonté de mener le travail en allant plus loin, en cherchant à pousser les formes artistiques dans des champs d’exploitation auxquels nous ne sommes que peu habitués. Ce sont eux le plus souvent qui m’incitent à pousser plus loin mes formes curatoriales. Mes expositions sont un terrain d’échange particulièrement fertile avec eux. Cet engagement va de pair avec mon engagement pour la promotion et la diffusion de leur travail. C’est aussi cette même forme d’engagement que nous avons à la Galerie Eric Mouchet et c’est ce même engagement que j’essaie de promouvoir dans mes travaux. Notre métier de curateur n’existerait pas sans eux, nous nous devons dès lors, une certaine forme de loyauté qui n’est plus que trop peu utilisée dans les relations humaines de nos jours.
Il y a ces moments où l’on se rend compte de l’importance et de la dévotion du travail de ces artistes pour leurs formes plastiques et ce qu’elles engagent qui n’ont fait que confirmer ma position et mon envie de travailler avec eux. Mais de mon point de vue travailler avec eux ne suffit pas, il faut leur laisser avoir accès à ce que l’on vit et avoir envie de partager avec eux des moments de vie qui ne peuvent qu’enrichir la compréhension de leur travail.  Travailler avec la jeune création c’est aussi pour moi un engagement pour le mieux-vivre ensemble … Partager et échanger ces morceaux de vie, sont les meilleurs moments.

Hors des temps de communications, de montage ou de travail sur les publications, il y a dans ce vivre avec les artistes un quelque chose de l’ordre de l’émerveillement permanent. Passer de moments simples à d’autres plus saugrenus pour se retrouver à mettre le doigt sur l’essence de leurs processus créatif sans même s’en être rendu compte, c’est là que se trouve mon engagement.

Du fait de tes différentes activités, mais aussi en vue de la diversité des projets que tu mènes en parallèle et dont nous parlions plus haut, j’aurais voulu revenir avec toi sur cette notion de curateur indépendant. Pourrais-tu nous parler de cette question depuis ta situation ?  

Je dirais, en tout cas pour le terme « indépendant », que celui-ci s’applique majoritairement aux différents contrats et postes que je peux avoir. J’essaie de faire en sorte que toutes ces activités se rejoignent et se complètent et surtout qu’elles ne s’annihilent pas. Après, pour la question du curateur, je pense que tu fais bien de nous la poser. Beaucoup de choses restent encore à définir ou à mettre en place. Nous en sommes actuellement témoins, le milieu de l’art contemporain est en pleine mutation et le récent article de Farideh Cadot : « L’art est en train de disparaître« (2) nous l’explique bien. Pourtant certains d’entre nous travaillent encore au plus près des artistes et en étroite collaboration avec eux (à grands coups de plats de pâtes partagés et de dortoirs improvisés).
Je ne peux ensuite continuer sans faire appel aux mots de Marion Zilio dans son article : « Faut-il tuer les curateurs« (3) tant il résonne à mon esprit alors que je réponds à tes questions. Elle a très bien su définir ce que certains (curateurs) d’entre nous pensions depuis déjà un moment. Je partage sur de nombreux points sa position : le curateur « transforme un espace public en un lieu spécifique et invite le visiteur à l’expérimenter. Il puise et filtre parmi la profusion d’idées, d’informations, tout en établissant des connexions » tout en ayant bien conscience qu’il y a des manques à combler : « Le problème étant désormais de décoder la part théorique et parfois absconse du discours curatorial à l’endroit du public. De cet état de fait résulte la nécessité toute contemporaine de renforcer les éléments de médiation« . C’est ce que je tente de faire avec le cycle des Expositions Capsules mais aussi et surtout en essayant dans mes écrits de conserver des mots et des discours simple qui tendent à la réelle expression de quelque chose, loin de ceux qui nous submergent de phrases surfaites que l’on peut maintenant lire de partout.

Tout ça pour finir sur cette certitude : le curateur aujourd’hui, tout comme le curateur que je suis, se doit de travailler avec les artistes et non plus à partir de leur travail. Une action horizontale entre artistes, curateurs et travailleurs de l’art devient de plus en plus urgent et important pour que nous puissions avancer ensemble et ensemble apporter les réponses et les bonnes modifications à notre milieu de travail en mutation.

Propos de Léo Marin recueillis par Alex Chevalier pour Point contemporain © 2017

(1) Lionel Bovier, Why Publishing : JRP/Ringier in Put About : A Critical Anthology on independant Publishing, ed. Maria Fusco with Ian Hunt (Book Works, London, 2004)

(2) Journal des Arts n°483, (7 juillet 2017)

(3) Point Contemporain / Pratiques critiques (30 juin 2017)

 

Léo Marin
Né en 1987.
Vit et travaille à Paris.
Membre de C-E-A /  Commissaires d’Exposition Associés

Expositions Capsule : https://www.facebook.com/Expositions-Capsule

 

Vues de l'exposition Peeping Space (Galerie Eric Mouchet) 2016 Bérénice Lefebvre, Gwendoline Perrigueux Feat. Etaïnn Zwer
Vue de l’exposition Peeping Space (Galerie Eric Mouchet) 2016
Bérénice Lefebvre, Gwendoline Perrigueux
Feat. Etaïnn Zwer

 

Vues de l'exposition Capsule #01 - OÙ (Printemps de l'Art Contemporain 2017, Marseille) Emilie Akli, Pierre Gaignard, Bérénice Lefebvre, Yohan Meola, Cyril Zarcone Feat. Elodie Petit
Vue de l’exposition Capsule #01 – OÙ (Printemps de l’Art Contemporain 2017, Marseille)
Emilie Akli, Pierre Gaignard, Bérénice Lefebvre, Yohan Meola, Cyril Zarcone
Feat. Elodie Petit

 

Vues de l'exposition Capsule #01 - OÙ (Printemps de l'Art Contemporain 2017, Marseille) Emilie Akli, Pierre Gaignard, Bérénice Lefebvre, Yohan Meola, Cyril Zarcone Feat. Elodie Petit
Vue de l’exposition Capsule #01 – OÙ (Printemps de l’Art Contemporain 2017, Marseille)
Emilie Akli, Pierre Gaignard, Bérénice Lefebvre, Yohan Meola, Cyril Zarcone
Feat. Elodie Petit

 

Vue de l'exposition Born And Die #01 - Nazdravlje! (Galerie Arondit), 2016 Alon, Marielle Chabal, Aurélie Féruel & Florentine Guédon, Robin Lopvet, Gwendoline Perrigueux, Emilie Schalck, Rébecca Topakian
Vue de l’exposition Born And Die #01 – Nazdravlje! (Galerie Arondit), 2016
Alon, Marielle Chabal, Aurélie Féruel & Florentine Guédon, Robin Lopvet, Gwendoline Perrigueux, Emilie Schalck, Rébecca Topakian

 

Vue de l'exposition Born And Die #01 - Nazdravlje! (Under construction Gallery), 2016 Alon, Marielle Chabal, Aurélie Féruel & Florentine Guédon, Robin Lopvet, Gwendoline Perrigueux, Emilie Schalck, Rébecca Topakian
Vue de l’exposition Born And Die #01 – Nazdravlje! (Under construction Gallery), 2016
Alon, Marielle Chabal, Aurélie Féruel & Florentine Guédon, Robin Lopvet, Gwendoline Perrigueux, Emilie Schalck, Rébecca Topakian

 

Vues de l'exposition Mapping At Last (Galerie Eric Mouchet), 2017 Émilie Akli, Benoît Billiotte, Maxime Bondu, Armelle Caron, Pierre Chevron, Rémi Dal Negro, Julien Discrit, Juliette Feck, Bérénice Lefebvre, Thierry Liegeois, Florent Morellet, Golnaz Payani, Capucine Vever
Vue de l’exposition Mapping At Last (Galerie Eric Mouchet), 2017
Émilie Akli, Benoît Billiotte, Maxime Bondu, Armelle Caron, Pierre Chevron, Rémi Dal Negro, Julien Discrit, Juliette Feck, Bérénice Lefebvre, Thierry Liegeois, Florent Morellet, Golnaz Payani, Capucine Vever

 

Vues de l'exposition Mapping At Last (Galerie Eric Mouchet), 2017 Émilie Akli, Benoît Billiotte, Maxime Bondu, Armelle Caron, Pierre Chevron, Rémi Dal Negro, Julien Discrit, Juliette Feck, Bérénice Lefebvre, Thierry Liegeois, Florent Morellet, Golnaz Payani, Capucine Vever
Vue de l’exposition Mapping At Last (Galerie Eric Mouchet), 2017
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Vue de l’exposition Mapping At Last (Galerie Eric Mouchet), 2017
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Vue de l'exposition Re/ productions (Galerie Eric Mouchet) 2016 Carte blanche à Cyril Zarcone
Vue de l’exposition Re/ productions (Galerie Eric Mouchet) 2016
Carte blanche à Cyril Zarcone

 

Visuel de présentation : Vue de l’exposition Peeping Space (Galerie Eric Mouchet) 2016 avec Bérénice Lefebvre, Gwendoline Perrigueux Feat. Etaïnn Zwer.

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