VIRTUAL DREAM CENTER

VIRTUAL DREAM CENTER

« Il n’y a pas de limites avec Virtual Dream Center. On remet à zéro ce qui est existant et on réinvente les codes de l’exposition. » Thomas Fort

En 2016, Jean-Baptiste Lenglet et Jessica Boubetra, cofondateurs du Virtual Dream Center invitent le commissaire d’exposition Thomas Fort à intégrer l’équipe en tant que chargé de production et de diffusion. Avec les artistes américains Antone Kösnt et Nicholas Steindorf, et avec divers intervenants comme des graphistes, des développeurs ou des sound designers, ils travaillent afin que ce centre d’art virtuel révèle toutes ses potentialités.

« La création de ce lieu virtuel redéfinit le geste curatorial et entre dans des réflexions critiques et universitaires très actuelles. Sa gestion et son économie, assurées par les artistes, font qu’il se rapproche de la forme d’un artist-run space. »  Thomas Fort

Construit à partir d’un moteur de jeux vidéo, Virtual Dream Center est une application gratuite qui, une fois installée sur un ordinateur, permet de visiter des expositions virtuelles. La programmation s’enrichit de nouvelles propositions curatoriales chaque trimestre tandis qu’un nouveau cycle complet d’expositions est mis en ligne tous les ans début septembre. Au lancement de l’application, l’utilisateur accède à un vaste hall dans lequel il peut progresser et basculer dans les différents espaces. Le temps de visite est similaire à celui d’un centre d’art parce que la vitesse de déplacement est « réaliste ». De plus, les codes de médiation des centres d’art et musées, communiqué de presse et cartels, sont réinvestis.

Les concepteurs du Virtual Dream Center ont fait le choix de présenter des œuvres d’art dans des espaces cohérents et immédiatement identifiables. Toutefois, la comparaison avec l’architecture d’un centre d’art existant s’arrête là, car le virtuel permet « une potentialité infinie de mise en espace ». En effet, à la différence d’un lieu réel où l’artiste doit s’adapter à l’architecture du bâtiment, aux dimensions et à la géométrie de ses pièces, chaque espace d’exposition du Virtual Dream Center est pensé et créé par l’artiste en dialogue avec un commissaire.

Virtual Dream Center pose la question de l’exposition en tant que « médium et média ». Il s’agit d’un geste artistique total, car l’artiste construit l’espace d’exposition et les éléments qu’il place à l’intérieur. Ainsi, le visiteur n’est pas face à un ensemble d’objets mais devant une œuvre qui repousse des limites et qui compose une architecture. C’est, en quelque sorte, une œuvre « absolue qui n’est ni une sculpture, ni une peinture, mais un tout cohérent. Le geste curatorial atteint là son paroxysme. » Existant virtuellement, il n’a plus besoin d’être réalisé dans un espace concret. Et si le centre d’art accueille des œuvres existantes, sculptures modélisées, peintures et photographies scannées, il présente également des œuvres produites spécifiquement ou encore, plus radicalement, des œuvres qui n’ont pour seule existence que leur représentation virtuelle.

Les artistes impliqués dans le premier cycle d’expositions, pas forcément familiers du médium multimédia, ont fait des propositions parfois très singulières comme Anne-Charlotte Yver et Benoit Aubard qui ont élaboré un univers se référant aux zombies, ou Antone Könst qui a scénographié et curaté un jardin de sculptures, en suspension dans le hall principal.

« Le but n’est pas d’en faire un musée ni un espace marchand, même si une sélection d’œuvres est proposée à la vente, mais de le conserver comme un espace d’expérimentation autour de questions très diverses portant sur la dimension curatoriale. »  Thomas Fort

Texte initialement paru dans la revue Point contemporain #4 © Point contemporain 2017

 

 

 

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Visuel de présentation : Jessica Boubetra et Jean-Baptiste Lenglet, « Le Hall des sculpteurs », Virtual Dream Center 1.0

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